Le match amical que les Léopards de la RDC livrent, à huis clos, ce Mercredi 25 Mars, contre les Gombey Warriors des Bermudes, au stade de Guadalajara (Mexique) a été négocié et organisé par le gouvernorat local de ce petit archipel de l’océan Atlantique, 53,2Km2, moins de 80.000 habitants, dirigé par la Gouverneure Rena Lalgie depuis le 14 Décembre 2020. Les Congolais peuvent aveuglément considérer cette rencontre comme une opportunité inattendue pour préparer les barrages intercontinentaux de la Coupe du monde 2026.
Mais les Bermudes, un archipel 138 îles et 360 îlots, dont une vingtaine seulement sont habitées, est un territoire d’outre-mer britannique , ( un peu comme la Guadeloupe et la Martinique le sont pour la France), où l’argent n’a pas d’odeur. C’est un pseudo-État maffieux et le revendique sous une dénomination doucereuse, de paradis fiscal. L’économie toujours florissante des Bermudes repose sur son système financier qui ferme les yeux sur l’origine des investissements.
Londres évoque bien souvent une certaine autonomie dont jouirait l’archipel ( bien que le Gouverneur des Bermudes -Governor of Bermuda-est le représentant direct de la monarchie britannique depuis 1612)- pour s’épargner des critiques des ONG de lutte contre la corruption sur des fonds malpropres qui se nichent aux Bermudes. Et la RDC a somptueusement enrichi les Bermudes, ces dernières années.
N’importe quel moteur de recherche le relève, les principaux liens entre les Bermudes et la RDC sont l’évasion fiscale, le blanchiment des capitaux, fuite des ressources. Les Congolais se souviennent-ils encore de Panama papers ? de Paradises papers et surtout de Congo Hold-up ?
Pour mémoire, il s’agit des enquêtes qui démontrent, documents à l’appui, comment le régime de Joseph Kabila et son clan orchestré des détournements pendant plus de douze ans, au bas mot 138 millions $US essentiellement par le biais de la Banque gabonaise et française internationale (BGFI). “, la BGFI était un peu une maison de famille. Dans les années 2010, son frère adoptif, Francis Selemani Mtwale, est Directeur Général de la filiale congolaise de la banque et sa sœur, Gloria Mteyu, en possède 40 % des parts.

Sans surprise, plusieurs membres de la famille, dont Zoé et Jaynet Kabila, y ont ouvert des comptes personnels ou pour certaines de leurs sociétés”, lit-on dans un numéro de Mediapart du 24 Novembre 2021. Des entreprises multinationales opérant dans le secteur minier en RDC ont également utilisé des filiales sinon des sociétés écrans établies aux Bermudes, pour rapatrier des bénéfices, soustraire des centaines des millions de dollars aux finances publiques de la RDC.
La maffia est si bien structurée aux Bermudes que
l’État congolais ne sait pas , à ces jours, l’identité réelle des propriétaires des sociétés minières avec lesquelles il a signé des contrats, du fait de l’utilisation de sociétés écrans logées dans des paradis fiscaux. Les enquêtes précitées ont notamment cité les transactions minières et pétrolières du réseau de Dan Getler. ” (…) L’essentiel pour nous, avec ces nouvelles révélations, c’est que les autorités congolaises actuelles puissent enfin ouvrir des enquêtes.
Il est hors de question que le pays continue comme cela avec cette corruption au sommet-fois de l’Etat et avec ces banques au service de la corruption” avait soutenu Jean-Claude Mputu, du collectif “Le Congo n’est pas à vendre”. Hélas,
Dan Gertler, proche de Joseph Kabila, bien que sous le coup de sanctions américaines pour des faits de corruption, continue à faire des affaires en RDC.
Les ramifications ténébreuses des paradis fiscaux, Bermudes en tête, ont-ils survécu au changement de régime au Congo et auraient-ils converti le nouvel ordre politique à leur cause? L’histoire nous le dira.
Le match RDC-Bermudes, 48 ème et 169 ème au classement FIFA (Janvier 2026) m’a tout l’air de ces rencontres arrangées pour servir de diversion à des affaires extra-sport plus délicates au profit des politiques sinon du Crime organisé… comme la rencontre Bahreïn – Togo en 2010 où une vraie fausse équipe des Éperviers corrompus s’est présentée sur terrain, ou encore le match Salvador – Honduras en 1969 pour les éliminatoires de la Coupe du monde 1970 .
Surnommée “Guerre du Football”, les arrangements maffieux non tenus ont abouti à une vraie guerre entre les deux États latinos. Ou encore la rencontre jamais jouée entre le Chili et l’URSS comptant pour les barrages de la Coupe du Monde Allemagne 1974, seule édition à laquelle la RDC alors Zaïre a participé.
À Hamilton, capitale bermudienne, le onze national de l’archipel est fier de se présenter face à la RDC comme un “Sparring partner”, (ndlr terme anglais généralement utilisé dans la boxe désignant un athlète d’un certain niveau engagé, pour des combats de préparation pour un compétiteur qualifié pour une rencontre déterminante, moyennant une certaine rémunération.)
Laquelle ? Bermudes s’est aussi bâtie une autre renommée funeste, ici, bien souvent , avions et bateaux qui se retrouvent dans un triangle que l’archipel forme avec le Florides et le Porto-rico, disparaissent sans laisser des traces.
Pold LEVI
