Quelle girouette! Vendredi 13 Février 2026, Félix Tshisekedi annonce au conseil des ministres l’affectation de 10% de la redevance minière à l’établissement public Conseil congolais de la batterie (CCB). Un mois jour pour jour, lors de la réunion du conseil des ministres du Vendredi 13 Mars, Félix Tshisekedi estime qu’il y a prolifération des structures étatiques, fonds, commissions, Cellules et autres qui sont de surcroît budgétivores.
La redevance minière est la source la plus importante des recettes non fiscales de l’État. Pour l’exercice 2026, l’État espère collecter au moins 710 millions USD.
Mais 29% soit 205 900 000 USD de ces revenus sont versés directement à des fonds dont la gestion laisse visiblement transparaître des faisceaux d’indices de malversations: 11% au Fonds chargé d’appui à l’accès à la justice, à la réparation, à l’autonomisation et au relèvement communautaire des victimes et de leurs ayants droit (FONAREV), 8% au Fonds minier pour les générations futures (et non plus 10% comme auparavant), 10 autres pourcent iront au Conseil congolais de la batterie (CCB). Toute extrapolation faite, ces trois établissements publics n’ont pas ensemble un effectif de 1000 agents.
Mais le gouvernement qui a la charge de payer des milliers des fonctionnaires a vu sa part de redevance minière rabioter, sur ukase du chef de l’État, d’abord de 50 à 44%, puis à 34%. Le reste, 23%, et non plus 25%, sont versés sur un compte désigné par l’administration de la province où se trouve le projet et 14%, non plus 15 comme avant, sur un compte désigné par l’entité territoriale décentralisée (ETD) dans le ressort de laquelle s’opère l’exploitation minière .
Selon un arrêté ministériel des Droits humains daté de Mars 2025, le DG du Fonarev a un salaire mensuel de 38.000 USD, 22.000 pour le DGA. Sans compter des ajouts comme pause-café à 150 USD! Fallait-il que les caisses de l’État crèvent dans son bas-fonds au point de manquer même de quoi payer les fonctionnaires pour que l’exécutif se rende compte de son incurie?
Au 15 Mars, le salaire du mois de Février n’est toujours pas versé. Pourtant sous l’ancien ordre politique, le salaire du mois était payé entre le 12 et le 20 du mois en question. Voilà qui rappelle :
” la cigale ayant chanté tout l’été se trouva fort dépourvue…”
Selon le compte-rendu du conseil des ministres du 13 Mars dernier, Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’allouer les ressources publiques de manière efficiente, en éliminant les dépenses non prioritaires ou insuffisamment justifiées et en renforçant la discipline dans l’organisation de l’action publique. Et pour garantir la cohérence et la soutenabilité financière de ces structures, toute création future devra désormais être validée préalablement par la première ministre, qui évaluera la pertinence stratégique, la valeur ajoutée institutionnelle et l’impact budgétaire avant de soumettre le projet à l’arbitrage final du Président de la République.
Ceux qui avaient éreinté l’ex-argentier national , Nicolas Kazadi suite à ses propos sur la prolifération des établissements publics devraient donc faire publiquement amende honorable. L’Etat congolais a créé cinquante-trois établissements publics non budgétisés durant le premier mandat du Président Félix-Antoine Tshisekedi, avait révélé l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi revenu sur les pupitres de l’Assemblée nationale comme élu UDPS/ Tshisekedi… :
« Comment expliquer qu’au premier mandat du Président (2019-2024), l’État ait créé 53 nouveaux établissements publics ? Ce sont des fonctionnaires à payer, et pourtant ils sont mis en place en cours d’année, sans aucune prévision budgétaire. Ensuite, ils recrutent, sans cadre défini. Comment peut-on espérer une bonne gestion dans ces conditions ? », s’est-il interrogé.
Et d’ajouter :
«nous avons une culture de la jouissance immédiate. Quand il y a de l’argent, on se le partage d’abord, puis on réfléchit après. Lorsqu’un projet reçoit des fonds, ils sont répartis avant même d’en définir les besoins réels. C’est là le cœur du problème : les budgets de fonctionnement sont détournés en primes, et la réflexion sur leur utilisation arrive trop tard », s’est-il indigné.
Début mai 2025, à la faveur du conseil des ministres, Tshisekedi avait déjà instruit le gouvernement:
” de lancer un processus d’identification des structures créées ces dernières années, notamment au sein des ministères, et d’analyser leur valeur ajoutée au regard des ressources qui leur sont allouées, tant en termes de dépenses directes provenant du Trésor public qu’en ressources indirectes mobilisées, alors qu’elles pouvaient plus centraliser le compte général du Trésor public », avait indiqué Patrick Muyaya dans son compte-rendu.
Visiblement, le chef de l’État n’avait pas été écouté. D’ailleurs, courant août 2025, en plein milieu de l’exercice budgétaire, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, crée deux nouveaux établissements, le Fonds d’Investissement Stratégique de la RDC (FIS) et la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
Il a en outre annoncé la création d’une banque de développement. Au moins 55 établissements publics créés en 5 ans, l’on dirait que le gouvernement s’activait à déposséder le secteur privé l’initiative de créer des emplois . Et pourtant non.
C’est l’argent public qui est plutôt dilapidé.
Popol Rabuni Karbonari
