Dakar : l’Union Parlementaire Africaine accélère la ZLECAf

Coup d’envoi à Dakar de la 85ᵉ session de l’Union Parlementaire Africaine, UPA. Sous la présidence de Jean-Michel Sama Lukonde, les parlements africains se mobilisent contre les conflits qui déchirent le continent et pour l’accélération de la Zone de libre-échange continentale africaine, ZLECAf. Objectif affiché : des lois harmonisées pour une Afrique unie et souveraine économiquement.

Arrivé ce mardi 3 juin en fin d’après-midi à l’aéroport international Blaise-Diagne, le président du Sénat de la République Démocratique du Congo, l’honorable Jean-Michel Sama Lukonde, préside ces assises en sa double casquette de speaker de la Chambre haute congolaise et de président en exercice de l’UPA.

À sa descente d’avion, il a été accueilli au salon d’honneur par l’honorable Mbéne Faye, deuxième vice-présidente de l’Assemblée nationale du Sénégal, entourée d’autorités sénégalaises. L’ambassadeur de la RDC au Sénégal, S.E. Christophe Muzungu, et toute la mission diplomatique congolaise lui ont réservé un accueil chaleureux.

Le président Sama Lukonde conduit une délégation de haut niveau composée des honorables Babanga Mpotiyolo Anicet, Tshibanda Kadiediem Herbert et Inagossi Geneviève, des conseillers de son cabinet et des cadres du groupe national UPA-RDC.

L’heure des décisions fortes

L’ouverture officielle est prévue les 3 et 4 juin à l’hôtel King Fahd Palace. Élu à la tête de l’UPA en novembre 2025, le président du Sénat congolais a la lourde charge de diriger les débats et d’imprimer sa vision. Pour Kinshasa, cette présidence n’est pas symbolique. Elle traduit la volonté du Sénat congolais de porter la voix de l’Afrique centrale et de tout le continent sur la scène internationale.

À l’ordre du jour, des sujets qui fâchent. Sur le volet sécurité, les parlementaires africains doivent répondre à une question centrale : comment stopper l’hémorragie des conflits armés et du terrorisme qui gangrènent le Sahel, les Grands Lacs et la Corne de l’Afrique ? L’UPA veut que les parlements deviennent des fers de lance de la prévention des conflits, au-delà de leur rôle de contrôle de l’action gouvernementale.

Sur le plan économique, l’urgence est à l’accélération de la ZLECAf. « Fini la balkanisation économique ! », martèle-t-on dans les couloirs. Les délégations plaident pour des législations harmonisées afin que les produits « Made in Africa » circulent sans barrières douanières ni normes divergentes. L’objectif : renforcer l’intégration continentale conformément à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Le volet gouvernance prévoit le rapport d’activités de l’UPA et l’adoption du budget 2026-2027. Il s’agit de doter l’organisation de moyens plus efficaces et d’une voix plus audible dans les forums internationaux.

Dans son discours d’ouverture, Jean-Michel Sama Lukonde devrait marteler un message clair : les parlements africains ne peuvent plus rester spectateurs. Ils doivent s’impliquer dans la consolidation démocratique et dans l’élaboration de lois qui protègent les populations et stimulent le développement.

La RDC au front de la diplomatie parlementaire
Dans un contexte de tensions et de compétition géopolitique, Kinshasa veut imposer une diplomatie parlementaire proactive, fondée sur la solidarité et les solutions africaines aux problèmes africains. La RDC, pays en proie aux violences dans l’Est, veut mettre son expérience au service de la paix continentale.

La 85ᵉ session de Dakar sera donc plus qu’une rencontre protocolaire. Pour le Sénat congolais, ce sera le laboratoire des lois qui changeront le visage du continent. Les travaux se poursuivent jusqu’à jeudi avec des commissions et des séances plénières.

O.Luamuele

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