Au moins 16 civils ont été tués dans une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées, ADF, dans la nuit du mardi au mercredi 3 juin 2026. L’incursion a visé le village de Matete, dans le secteur de Mbau, en territoire de Beni, au Nord-Kivu. Le bilan reste provisoire alors que les recherches se poursuivent.
Selon les premières informations recueillies sur place, des hommes armés ont fait irruption à Matete aux environs de minuit. Ils ont ouvert le feu et utilisé des armes blanches avant de se replier dans la forêt. L’attaque a plongé la population dans la peur et la consternation. De nombreux habitants ont fui vers des zones jugées plus sécurisées, abandonnant habitations et champs.
D’après Dalmas Nzingene, rapporteur de la société civile du secteur de Beni-Mbau, le bilan provisoire fait état de 16 civils tués. « Plusieurs personnes sont également portées disparues, tandis que des dégâts matériels importants ont été enregistrés. Des maisons ont été incendiées et des biens emportés », a-t-il détaillé.
« Les recherches se poursuivent afin d’établir avec précision l’ampleur des pertes humaines et matérielles causées par cette attaque », a indiqué cette source locale. Les équipes communautaires, appuyées par des jeunes volontaires, ratissent encore la brousse à la recherche d’éventuels survivants et de corps. Certaines familles restent sans nouvelles de leurs proches depuis l’attaque, ce qui alimente l’angoisse.
Sur le terrain, les habitants vivent dans une forte psychose. Les activités socio-économiques sont paralysées à Matete et dans les villages environnants. Les marchés sont déserts et les écoles fermées depuis mercredi matin. « Nous enterrons nos morts aujourd’hui, mais nous ne savons pas si demain nous serons encore en vie. C’est la troisième fois cette année que les ADF frappent près de chez nous », a témoigné un habitant sous couvert d’anonymat.
Cette nouvelle attaque intervient moins de 48 heures après un autre massacre perpétré dans le quartier Ngadi, en ville de Beni. Une vingtaine de personnes y avaient été tuées lors d’une incursion attribuée aux combattants ADF. La proximité des deux attaques renforce le sentiment d’insécurité dans toute la région de Beni.
La société civile de Beni-Mbau dénonce la persistance de l’insécurité malgré la présence des forces armées de la RDC et de la MONUSCO. Elle rappelle que le secteur de Mbau, situé sur l’axe routier Beni-Kasindi, est régulièrement ciblé par les ADF qui utilisent les forêts environnantes comme base arrière pour lancer des incursions contre les civils.

Face à cette recrudescence des violences, les populations de Beni et de ses environs continuent d’appeler les autorités à renforcer les mesures de sécurité. Elles exigent des patrouilles mixtes plus fréquentes, le renforcement du renseignement et l’ouverture de nouvelles positions militaires le long de l’axe Mbau-Komanda.
Les autorités militaires n’avaient pas encore communiqué de bilan officiel mercredi en début d’après-midi. Les FARDC ont cependant annoncé le déploiement de renforts dans la zone pour traquer les assaillants et sécuriser les populations. La situation reste tendue à Mbau, où les habitants attendent des actes concrets pour mettre fin aux massacres récurrents.
La Rédaction
