Kinshasa,  état de siège de fait, suite à l’effet de l’insalubrité sur les institutions

Kinshasa rejoint de fait l’Ituri et le Nord-Kivu sur la liste des provinces sous état de siège. Si aucune loi n’a pas encore été promulguée en ce sens, le fait l’atteste. Quelques heures après la décision de Félix Tshisekedi de charger le lieutenant-géneral Jules Kasongo d’aseptiser la capitale, Daniel Bumba a lancé une croisade désespérée d’assainissement de petits marchés de la place.

Trop tard. Les forfaits mensuels sur la salubrité annexés dans la facture de la REGIDESO SA, la contribution quotidienne équivalent à 0,5 dollar collectée dans différents marchés de la capitale, la taxe spécifique sur la mise sur le marché des emballages plastiques et produits non biodégradables imposée aux entreprises, et l’amende pour insalubrité de non-respect des règles de salubrité de 10.000 dollars, etc, tous ces actes générateurs des recettes autant que la Régie d’assainissement de Kinshasa (Raskin) échappent dorénavant au contrôle de l’ Hôtel de ville , donc de Daniel Bumba Lubaki, le tout premier gouverneur UDPS de la capitale. Pis , le gouvernement provincial devrait, en toute logique, se délester de Léon Mulumba et de son ministère de l’Environnement, de la Propreté et de l’Embellissement.


Kin Ezo bonga, la prétendue opération de charme de Daniel Bumba Lubaki, pour faire oublier «Kin propre » de Gentiny Ngobila Mbaka, son prédécesseur,  n’a d’effets évolutifs que sur les finances publiques au point d’offusquer l’argentier national, Doudou Fwamba. Des dépenses toujours au galop pour des résultats quasi nuls. Au moins sous Kin propre, Kinshasa s’était extirpé de la liste de 25 villes les plus sales du monde. Un exécutif bicéphale s’installe dorénavant à l’Hôtel de ville, sur ukase du chef de l’Etat.

La « protection de l’environnement » et de la « santé des populations » est une obligation constitutionnelle imposée à l’État. Les Congolais en ont plein droit, selon l’article 54 de la constitution. Félix Tshisekedi en a pris finalement la mesure lors de sa récente visite du site du marché central de la capitale appelé Zando, l’on dirait une ETD de la crapaudière délimitée et dominée par des Kilimandjaro d’immondices. Une ville qui fait honte à faire visiter aux étrangers, se plaignait déjà le chef de l’Etat, lors de sa dernière sortie médiatique après sa diatribe l’état « porchereux » de Kinshasa dans son speech sur l’état de la Nation.


La sentence est tombée le 29 mai dernier. Désormais, sur décision du Président de la République, l’assainissement et la régulation de la circulation routière ont été dépossédés à l’Hôtel de ville pour une task-force des FARDC conduite par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, patron du Service national. L’insalubrité à Kinshasa, siège des institutions et des représentations diplomatiques peut être constitutif d’un fait occasionnant le dysfonctionnement desdites institutions, pensent d’aucuns. Et l’interruption du fonctionnement régulier des institutions, selon l’article 85 de la constitution, peut entraîner un état de siège. Pour l’OMS, l’état d’exception ne devrait l’ombre d’aucun doute. L’Organisation  mondiale de la santé a, en effet, mis à l’index la Capitale, plus de 15 millions d’âmes, depuis octobre 2025. Avec un volume de 2.5 des Particules Matter, (unité des mesures de dangereuses matières microscopiques solides ou liquides en suspension dans l’air), la Capitale a,  selon l’OMS, une mauvaise qualité de l’air. Fin 2025,  la firme spécialisée suisse QAir s’inquiétait que l’indice de qualité de l’air a atteint 201, un niveau qualifié de très malsain, selon  les normes internationales. 

Kinshasa est envahi des particules très fines nuisibles à la santé humaine, lesquelles investissent les voies respiratoires et causent  de sérieux dégâts  cardiovasculaires, conclut l’institut suisse.  Et selon une étude scientifique publiée en 2024, 7.800 tonnes de déchets solides municipaux sont produites chaque jour à Kinshasa. Deux ans après, la barre symbolique de 10.000 tonnes des déchets/ jour pourraient avoir été largement dépassés. Pis, le principal site de traitement et enfouissement dans la banlieue est, dans la commune de la N’sele, à plus de 40 km du centre-ville, fait l’objet d’une guerre de propriété entre l’Hôtel de ville et une influente femme.


POLD LEVI MAWEJA

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