Depuis, le Lundi 27 Février jusqu’au 29 Avril, se tiennent au Centre culturel et Artistique des pays de l’Afrique Centrale à Kinshasa, les États Généraux des PT&NTIC.
Félix Tshisekedi , dans son mot d’ouverture, a dit attendre des recommandations claires pour le redécollage de ce secteur , particulièrement le domaine des postes. Mais contrairement aux informations relayées dans les médias kinois, ce n’est pas une première. Il y a près de 20 ans déjà, en 2007, le ministre Gizenga des PT&NTIC, Cyprien Kyamusoke Bamusulanga Nta-Bote, avait organisé au centre Nganda , les tout premiers États Généraux du secteur dont les recommandations sur les sociétés privées GSM avaient contraint leurs représentants à fuir les assises pour ne pas devoir apposer leurs signatures.
Il y a été démontré que Tigo-Oasis (aujourd’hui Orange) avaient tout, soit faux soit fictif, adresse au Grand-duché de Luxembourg, actionnariat, etc., gérants sinon que son patron et président de FEC/télécoms, Bob Ntumba, maquillait les chiffres de l’entreprise .
Autre recommandation jamais exécutée : détacher l’Autorité de Régulation, l’ARPTC, de la présidence pour la tutelle du ministre sectoriel. José Mpanda soutient que “ses”États Généraux reposent sur la stratégie :
« RDC Digital Nation 2030 », que son “organisation s’impose pour projeter le développement du secteur et matérialiser la vision du chef de l’État sur la réduction de la fracture numérique ».
Et pourtant, Félix Tshisekedi est revenu , dans son speech, sur ses remontrances de ces derniers mois, sur le secteur des télécoms plutôt sur des basiques: piètre qualité des réseaux GSM, de la connexion internet. Fin Janvier, à la faveur d’une réunion de Conseil des ministres, Tshisekedi recommande à ses ministres des Pt&ntic, de l’Économie numérique et de Communication & médias, de présenter à la prochaine réunion, une batterie des actions à mener pour améliorer la e-connectivité.
Depuis, aucun compte-rendu du Conseil des ministres n’en a fait écho. Mais, derechef, le chef de l’État instruit, la Première ministre, Judith Suminwa, de mobiliser le ministre des Pt&ntic José Mpanda Kabangu, le DG de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo , Jean-Claude Katende, aux fins d’engager des échanges responsables avec les entreprises de télécommunications en vue de l’application de l’article 40 de la loi n°20/017 du 25 Novembre 2020 relative aux télécommunications et aux technologies de l’information et de la communication, qui reconnaît le droit aux travailleurs congolais des entreprises de télécommunications de participer à hauteur de cinq pour cent (5%) au capital social de leurs entreprises.
Par ailleurs, la loi impose également que la part des 30% au moins du capital des entreprises télécoms soit effectivement réservée aux Congolais. La loi sur les télécoms de 2002 amendée en 2020 exige aussi la mise en place d’un établissement public chargé de promouvoir les télécoms et les TIC dans les zones rurales et péri-urbaines. Et cet établissement doit être financé par un fonds dit de :
« service universel du secteur des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication » résultant d’un prélèvement de 3% du chiffre d’affaires des opérateurs du secteur dont Vodacom, Airtel, Orange, Africell, etc.
Voilà 25 ans que ces clauses manquent d’être appliquées.
-UN PROJET, TROIS MINISTRES –
La confusion dans le secteur des télécoms a atteint un niveau paroxystique avec le dossier satellite. Judith Suminwa ne l’a peut-être pas constaté mais trois ministres de son gouvernement portent des projets opposés sur l’acquisition d’un satellite. José Mpanda a signé en Chine, le 7 Avril 2026, un mémorandum d’entente (MoU) avec la société des télécommunications chinoise Unicom Airnet, filiale de l’opérateur public chinois China UNICOM, pour la construction d’un satellite souverain des télécommunications pour la RDC.
Pourtant, sept mois plus tôt, le 30 Août 2025, le ministre des PT& NTIC avait accompagné son collègue de l’Economie numérique, Augustin Kibassa Maliba auprès du Président de la République, pour lui présenter un délégué de la firme Monaco Sat, en la personne du Gabonais Jean-Philippe Amvame Ndong, en vue l’acquisition du satellite pour la RDC au coût de 400 millions $US.
Ni l’un, ni l’autre projet d’acquisition de satellite n’a jamais été présenté au Conseil des ministres. Le seul projet satellitaire validé par le conseil des ministres avec l’aval de Félix Tshisekedi, lors de la réunion du 12 Février 2022, est celui de Spacebel (après appel d’offre international) porté, à l’époque, par le ministre de la Recherche scientifique qui était José Mpanda, le même ! Chiffré à 100,6 millions $US.
Mais son successeur Gilbert Kabanda Kurhenga, à la Recherche scientifique zappe, dès son entrée en fonction, le contrat, et ce malgré toutes les recommandations de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) qui a même averti que la RDC risquait un procès à l’international.
Le 10 Décembre 2024, Kabanda, de passage au Sénat suite à une question orale lui posée, soutient :
” qu’ une procédure d’acquisition d’un satellite propre à la RDC est en cours. Une commission avait été mise en place pour en examiner les caractéristiques, pour un crédit de 20 millions $US des fonds issus de la Sicomines ».
Mais la professeure Dr Marie-Thérèse Sombo Aane Safi qui lui succède dans le cabinet Suminwa II, ne fait plus écho de ce marché. Pendant ce temps, le Rwanda compte déjà 3 satellites mis en orbite, RwaSat-1 mis en orbite en novembre 2019 et Icyerekezo (Perspectives en Kinyarwanda) lancé en Février 2020, et en Novembre 2024, Protosat-1. Chaque unité a coûté moins de 200.000 $US, selon l’Agence Spatiale Rwandaise placée sous l’autorité directe du président Paul Kagame.
Kigali, la capitale rwandaise, abrite du 2 au 4 Juin prochain, la conférence mondiale sur l’espace et le changement climatique (GLOC 2026). Le Rwanda ambitionne, en effet, de devenir un hub spatial régional d’ici 2028.
Pold LEVI
