Un écart financier de 3,3 millions de dollars américains a été mis en lumière dans un contrat lié à la réhabilitation du jardin zoologique et botanique de Kisangani, rapporte Agence Congolaise de Presse (ACP), citant un communiqué officiel consulté Mercredi 23 Avril.
D’après l’ACP, cette affaire concerne le contrat signé entre le Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des Activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) et l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). Le projet visait la réhabilitation du site zoologique et botanique de Kisangani.
Selon les informations relayées par l’ACP, les premières analyses, appuyées par les constats de terrain et un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF), mettent en évidence des irrégularités jugées préoccupantes. Le communiqué de la cellule de communication du ministère de la Justice évoque notamment « un écart significatif et non justifié » entre le montant initialement prévu et les fonds effectivement mobilisés :
« Le montant sollicité s’élevait à 700 000 USD, alors que 4 000 000 USD ont été décaissés, soit une différence de 3 300 000 USD », précise le document cité par l’ACP.
L’ACP souligne également que le niveau d’avancement des travaux observé sur le terrain ne correspond pas aux montants engagés. À cela s’ajoutent des insuffisances notables en matière de contrôle, de traçabilité des dépenses et de suivi technique du projet.
Face à ces constats, toujours selon l’ACP, les autorités judiciaires envisagent l’ouverture d’actions judiciaires et d’investigations approfondies, dans le respect des principes d’un procès équitable, notamment le contradictoire et les droits de la défense.
Le ministère de la Justice, cité par l’ACP, affirme que cette démarche vise à préserver les ressources publiques, à garantir les droits des victimes et à intensifier la lutte contre les détournements et les atteintes à la probité.
L’ACP rappelle par ailleurs que, le 17 Avril dernier, le Procureur Général près la Cour de cassation avait été instruit d’engager des enquêtes sur des faits susceptibles de constituer des infractions telles que le détournement de deniers publics, la corruption ou encore la concussion.
Ce dossier, souligne l’ACP, revêt une importance particulière dans la mesure où il touche directement à la gestion des fonds destinés à indemniser les victimes des activités illicites de l’Ouganda en République Démocratique du Congo, un sujet hautement sensible pour les populations concernées.
Jennifer Mazemba
