CAN Maroc 2025 : RDC–Algérie, l’heure de briser l’histoire ou de la confirmer

Les statistiques sont implacables et pèsent comme un héritage lourd : la République Démocratique du Congo n’a jamais battu l’Algérie. En six  confrontations dont cinq officielles et une  amicale recensées avant ce rendez-vous, les Léopards affichent zéro victoire, contre deux succès des Fenecs algériens et quatre matchs nuls. Et pourtant, au moment d’aborder ce 8ᵉ de finale de la CAN Maroc 2025, l’histoire seule ne suffit plus à désigner un vainqueur.

Sur le papier, l’Algérie reste favorite. Son palmarès continental, sa culture tactique et son expérience des grands rendez-vous parlent pour elle. Des Jeux africains de 1965, marqués par une victoire éclatante des Fennecs, aux duels plus fermés des années 90, les précédents nourrissent cette ascendance statistique.

 Mais le football africain moderne ne se joue plus uniquement dans les archives. Il se joue dans le présent. Et le présent congolais est porteur d’espoirs solides. 

Des Léopards métamorphosés

Depuis plusieurs compétitions, la RDC a changé de visage. Sous la houlette du technicien français Sébastien Desabre, les Léopards ont appris à gérer la pression, à rivaliser avec les grandes nations et à assumer leurs ambitions. La dernière CAN en côte d’ivoire , les éliminatoires et de la CAN Maroc 2025 et de de la Coupe du Monde USA, Canada, Mexique 2026 sans oublier le parcours actuel à la CAN 2025, ont façonné une équipe plus mature, plus compacte et mentalement plus forte.

Emmenés par leur capitaine emblématique Chancel Mbemba, véritable patron de la défense et leader de vestiaire, les Congolais ont démontré qu’ils ne reculaient plus face aux grands défis. 

Cette équipe ne subit plus l’événement : elle le provoque.

Le choix assumé de Desabre

Ce huitième de finale face à l’Algérie est aussi le fruit d’un choix fort de Sébastien Desabre. En ménageant plusieurs cadres lors du dernier match de groupe, le sélectionneur s’est offert — selon une certaine opinion, volontairement ou non,  ce que beaucoup pensaient devoir éviter : croiser une grande nation dès ce stade de la compétition.

La question mérite d’être posée : face à un objectif aussi élevé, n’aurait-il pas fallu aligner l’artillerie lourde plus tôt afin d’orienter le tableau final ?

Le repos accordé aux cadres constitue certes un avantage physique indéniable, mais il a exposé aussi la RDC à un choc prématuré. 

Un pari, donc.

Mais un pari assumé.

Une affiche ouverte, bien plus que les chiffres

Si l’Algérie avance avec la faveur des pronostics, la dynamique actuelle des Léopards brouille les certitudes. Solide défensivement, la RDC s’appuie sur deux quatuors défensifs performants, auteurs de deux clean sheets en trois matchs de phase de groupes.

Le quatuor titulaire — Chancel Mbemba, Axel Tuanzebe, Aaron Wan-Bissaka et Arthur Masuaku, a imposé une rigueur tactique remarquable. Le bloc réserviste, articulé autour de l’inamovible Capitaine Chancel Mbemba dont Gédéon Kalulu, Rocky Bushiri et Joris Kayembe, a lui aussi répondu présent.

 Discipline, très compacte dans la lecture du jeu : la défense congolaise est devenue une véritable base de sécurité, tout en restant capable de fulgurances offensives.

Kakuta, la pièce manquante du milieu congolais

Mais au-delà de la solidité défensive, la RDC possède désormais un atout supplémentaire au milieu du terrain. Un secteur qui a parfois montré quelques insuffisances, notamment dans son rôle de cheville ouvrière entre la défense et l’attaque, dans une équipe qui n’a pas toujours aligné des victoires larges en phase de groupes, hormis le trois buts marqués devant les Zebras Botswanais. 

Cet atout s’appelle Gaël Kakuta.

Son entrée face aux Zèbres du Botswana a changé le visage du jeu congolais. Auteur d’un doublé et élu homme du match, Kakuta a apporté ce qui manquait jusque-là : la créativité, le liant, la justesse dans le dernier tiers. Sa capacité à jouer entre les lignes et à casser les blocs adverses offre une nouvelle dimension au jeu des Léopards.

Au milieu, Kakuta représente également un levier stratégique majeur pour le goleador congolais Cédric Bakambu, souvent redoutable dans les appels en profondeur. Spécialiste des passes verticales et des ballons dans le dos des défenses, Kakuta peut être l’arme décisive pour exploiter la vitesse et le sens du but de Cédric Bakambu face à une défense algérienne expérimentée mais parfois exposée.

Un rendez-vous avec l’histoire

La RDC possède désormais les armes pour faire tomber un géant.

L’histoire dit que cela n’est jamais arrivé.

Le contexte, lui, suggère que le moment n’a peut-être jamais été aussi proche.

Algérie–RDC n’est pas seulement un huitième de finale. C’est un duel entre le passé et le présent, entre une hiérarchie historique et une ambition renouvelée. Au Maroc, ce choc promet l’une des plus belles affiches de la CAN 2025, où les statistiques seront mises à l’épreuve du terrain.

Et parfois, c’est précisément là que l’histoire commence à s’écrire autrement. Passer ce cap, Les Léopards de la RDC seront nul doute un adversaire plus à craindre qu’il l’est déjà.

Ainsi donc se présentent les statistiques de six confrontations directes les Fenecs d’Algerie et les léopards de la RDC : 

. Algerie 4 – 1 RDC jeux africains 20 juillet 1965;  

. Algérie 1 – 0 Zaire 19 mars 1988 CAN 1988 (match officiel )

 Algérie 0 – 0 RDC CAN 2000 (match officiel )

Algérie 1 – 1 RDC 

(match amical 2002)

 Algérie 1 – 1  RDC (match amical 2008)

 RDC 1 – 1 RDC 

(match amical 2019)

Lionel IPAKALA

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