À l’heure de la troisième et dernière journée du groupe D de la CAN Maroc 2025, la République Démocratique du Congo aborde son duel face au Botswana avec une contrainte limpide : gagner, et si possible avec un écart conséquent. Une donnée qui modifie profondément l’approche tactique de Sébastien Desabre, sélectionneur réputé pour son sens de l’équilibre plus que pour les paris offensifs assumés.

Le contexte est en effet particulier, voire contraignant, pour le technicien français. À égalité de points avec le Sénégal, la RDC est devancée au goal average. Une simple victoire pourrait ne pas suffire. Il faudra marquer davantage, et mieux, que les Lions de la Teranga, eux aussi engagés dans un match décisif au même moment avec les Guépards Bénin.
Dès lors, l’objectif dépasse la qualification simple : la première place du groupe devient un enjeu stratégique majeur. Cette première place n’est pas anodine. Elle offrirait à la RDC un avantage non négligeable pour la suite de la compétition, en lui permettant d’éviter l’Algérie dès le tour suivant. Un adversaire respectable mais dont l’évitement relèverait davantage d’une logique de gestion du tableau que de crainte sportive.
En cas de leadership du groupe D, les Léopards pourraient croiser des sélections jugées plus prenables sur le papier, comme le Burkina Faso ou l’autre qualifié potentiel de ce tableau, renforçant ainsi leurs chances de poursuivre l’aventure. Dans cette configuration, la RDC ne peut plus raisonner comme lors d’un match à enjeu unique. Une variable supplémentaire s’impose : le différentiel de buts, qui conditionne non seulement la qualification, mais aussi la trajectoire dans la phase à élimination directe.

Cela oblige les Léopards à adopter une approche offensive assumée, fondée sur un volume d’attaques élevé, une pression constante dans le camp adverse et une gestion rigoureuse des temps faibles afin d’éviter tout but encaissé, potentiellement lourd de conséquences. Sur ce chapitre la charnière défensive composée du Capitaine Chancel MBEMBA associé à son complice Axell Tuanzebe, complété dans ce plan par des latéraux comme Aron Wan Bissaka très en forme et certainement un Joris Kayembe qui prendra la place d’Arthur Maswaku, blessé lors du Match contre le Sénégal, est plus rassurant.
Face à un Botswana attendu en bloc compact, surtout qui n’a plus à perdre sinon chercher une sortie honorable avec une victoire face au représentant de l’ Afrique dans les barrages intercontinentaux, la clé du match ne résidera pas tant dans la domination territoriale que dans la capacité à désorganiser le dispositif défensif adverse.
Pour y parvenir, Sébastien Desabre pourrait être amené à sortir de ses schémas habituels et proposer un système de jeu plus audacieux, dont il a le secret.
Parmi les options évoquées par plusieurs observateurs du football congolais figure celle d’un dispositif à deux avants-centres.
L’association de Fiston Mayele, Ballon d’or interclubs africain, et de Cédric Bakambu, meilleur buteur des Léopards en activité et deuxième meilleur buteur des Léopards avec 21 buts et deuxième meilleur passeur depuis 2010, derrière Dieumerci Mbokani qui détient le record des meilleur buteur avec 22 buts, fort de son expérience et de son vécu avec les Léopards, apparaît comme une hypothèse cohérente au regard des exigences du moment.

Ce duo offrirait une présence constante dans la surface, une diversité de solutions offensives et une pression accrue sur la défense botswanaise. À cette animation offensive pourrait s’ajouter un numéro 10 libre entre les lignes, chargé d’attirer, de fixer et de créer. Dans ce registre, Gaël Kakuta, rappelé en dernière minute en sélection, dispose du profil et de l’expérience nécessaires pour fluidifier le jeu et accélérer les transitions dans les trente derniers mètres.
Au final, ce RDC–Botswana s’annonce moins comme un simple test de domination que comme un véritable examen de maîtrise offensive pour Sébastien Desabre et ses hommes. La RDC devra démontrer sa capacité à transformer sa supériorité technique en efficacité chiffrée, sans rompre l’équilibre collectif.
Dans ce contexte, deux choix s’imposent pour le technicien Français:
Promo, d’un duo Bakambu–Mayele, soutenu par un milieu discipliné et des latéraux agressifs, semblent être les options la plus adaptée pour répondre à l’exigence du moment dans ce défi où le maître mot reste , gagner, et gagner large, afin d’optimiser non seulement la qualification, mais aussi le chemin vers les tours suivants.
Lionel IPAKALA
