Le football congolais a une nouvelle fois été marqué par un moment fort, au-delà de la seule performance sportive. Désigné meilleur joueur du match RDC–Botswana, Gaël Kakuta a retenu l’attention lors de la cérémonie de remise de son trophée. Avant toute analyse technique ou commentaire footballistique, le milieu offensif des Léopards a tenu à exprimer sa reconnaissance envers Dieu.
Dans une déclaration sobre mais significative, le joueur a reconnu publiquement Jésus-Christ comme son Seigneur et son Sauveur, affirmant que son parcours et ses réussites s’inscrivent, selon lui, dans une grâce divine.
Une prise de parole qui a suscité de nombreuses réactions dans l’opinion sportive.
Ce geste, perçu par de nombreux croyants comme une expression assumée de la foi, a été relayé par l’Abbé Blaise Kanda dans une publication sur Facebook. Celui-ci y rappelle que :
« la gloire à Dieu doit toujours passer avant la gloire humaine », tout en regrettant que certains croyants aient parfois du mal à reconnaître la grâce divine lorsque le succès se manifeste concrètement.
Une foi de plus en plus visible chez les Léopards
Au-delà du cas Gaël Kakuta, il est observé ces derniers temps que plusieurs joueurs de l’équipe nationale de la RDC affichent ouvertement leur foi chrétienne. Une dynamique notable qui contraste avec certains discours réducteurs attribuant systématiquement les performances africaines à des pratiques occultes.
Le capitaine Chancel Mbemba Mangulu en est l’exemple le plus emblématique. Sa déclaration devenue virale : « La justice de Dieu, il y en a ” , a largement dépassé le cadre sportif pour s’imposer sur les réseaux sociaux et dans l’espace public comme une affirmation spirituelle assumée.
Plus récemment, Noah Sidiki, surnommé « le Cadet national », a marqué les esprits en brandissant une Bible lors d’une interview, répondant ainsi à la question sur le secret de ses performances.
De son côté, Joris Kayembe ne manque presque jamais de célébrer ses prestations en équipe nationale en pointant les doigts vers le ciel, tout en arborant des messages rendant gloire à Jésus-Christ.
Foi partagée et respect de l’altérité
Toutefois, cette expression publique de la foi invite également à une lecture plus équilibrée. Dieu bénit tous les hommes, de manière à la fois inclusive et universelle : Il est le Père de tous, sans distinction. Dans le contexte sportif, les joueurs congolais ne sont pas les seuls à manifester leur foi. Leurs adversaires, sur le même terrain, expriment eux aussi leurs convictions spirituelles, parfois avec la même intensité.
La foi ne constitue donc ni un monopole ni un avantage exclusif. Elle relève d’un cheminement personnel et intérieur, qui transcende les couleurs du maillot et les rivalités sportives.
Entre foi, travail et exigences du football moderne
Il convient également de rappeler que la foi, à elle seule, ne suffit pas à expliquer la performance sportive. Dans le football de haut niveau, le succès repose avant tout sur le travail acharné, la discipline et la rigueur quotidienne.
Pour les croyants, Dieu bénit le dur labeur. Et dans le football moderne, ce labeur est indissociable de plusieurs facteurs déterminants :
la qualité de la préparation physique et mentale des joueurs,
les compétences du staff technique, notamment la capacité du sélectionneur à bien manager le groupe, à opérer les bons choix tactiques et humains,
le respect strict des exigences du professionnalisme,
ainsi que le rôle central des institutions chargées de la gestion du football, appelées à créer un environnement structuré, stable et performant.
Un message qui dépasse le sport
À travers ces gestes et ces prises de parole, les Léopards de la RDC semblent transmettre un message qui dépasse le simple cadre du football : la foi peut accompagner la performance, sans s’y substituer. Elle cohabite avec l’effort, l’organisation, la compétence et la responsabilité collective.
Comme le souligne l’Abbé Blaise Kanda dans sa publication sur Facebook, reconnaître Dieu dans la réussite demeure, pour les croyants, un acte d’humilité et de témoignage, tout en respectant la diversité des convictions et les réalités concrètes du sport de haut niveau.
Lionel IPAKALA
