La scène a fait sourire plus d’un observateur, mais elle en dit long sur la philosophie assumée du sélectionneur des Léopards. Interrogé après la rencontre face au Bénin lors de la première rencontre de la phase de pool de la CAN Maroc 2025, sur une possession de balle largement favorable à l’adversaire, Sébastien Desabre , sélectionneur de la RDC n’a laissé aucune place à l’ambiguïté :
« S’ils veulent repartir avec le ballon, tant mieux. Nous, nous repartons avec l’essentiel : les trois points. »
Cette réponse, loin d’être une provocation gratuite, résume une vision claire du football : le jeu se juge au résultat, pas à la domination stérile. Car la possession du ballon ne signifie ni contrôler le match, ni se créer des occasions décisives, encore moins gagner.
Sur le terrain, la RDC a fait le choix du pragmatisme : organisation défensive, discipline tactique, transitions rapides et efficacité devant le but. Pendant que le Bénin accumulait les pourcentages de possession, les coéquipiers de Chancel Mbemba frappaient au moment opportun.

Cependant le tableau d’affichage, seul juge incontestable, a tranché.
Par contre, au lieu d’assumer sportivement avec fair-play la défaite, la réaction côtés béninois a surpris. L’un des joueurs est allé jusqu’à qualifier la victoire congolaise de « magie noire », une réaction qui a rapidement enflammé les réseaux sociaux. Un discours qui n’est pas sans rappeler celui du sélectionneur nigérian Éric Chelle, qui, après l’élimination de son équipe aux tirs au but face aux Léopards en finale des barrages intercontinentaux de qualification à la coupe du Monde 2026, avait évoqué de supposées pratiques vaudoues.
Lors de la rencontre RDC–Bénin, certains internautes sont même allés plus loin, liant la panne de la VAR sur une action impliquant une main présumée du capitaine Chancel Mbemba à ces mêmes croyances mystiques. Comme si l’incapacité à transformer la domination en victoire nécessitait une explication autre que sportive.
Ce phénomène interroge d’autant plus qu’il semble revenir régulièrement lorsque les Léopards s’imposent face à certaines sélections ouest-africaines, à l’ instar du Bénin , ” Vatican du vaudou au monde ” . Les succès congolais y sont parfois interprétés à travers un prisme fétichiste, reléguant au second plan le travail tactique, l’engagement collectif et la qualité individuelle des joueurs.
Simple coïncidence ou révélateur d’un malaise plus profond face à l’efficacité congolaise ? La question reste posée. Une chose est sûre : en football, ni la possession de balle ni les croyances ne marquent des buts. Seuls le réalisme, la discipline et le résultat écrivent l’histoire.
Certaines anecdotes de la coupe du Monde de football en Allemagne en 1974 , rappellent que Le Zaïre de Mobutu s’était amené avec tout airbus des féticheurs . Pendant la compétition, Cette sélection n’ a pas réussi à marquer un but, allant jusqu’à encaisser le plus lourd score de la compétition, 9-0 face à l’ ex Yougoslavie.
Lionel IPAKALA
