Depuis près de trois mois, le quartier Lwanga vit une situation aussi révoltante qu’incompréhensible : l’électricité se fait rare, voire inexistante, tandis que les factures de la SNEL continuent d’arriver, implacables.
Une réalité quotidienne qui alimente colère, frustration et sentiment d’abandon chez les habitants.
Sur l’avenue, les causes de cette crise sont pourtant connues et visibles. Selon plusieurs riverains, un journalier de la SNEL aurait lui-même volé un morceau de câble d’environ dix mètres.

Quatre mois plus tard, aucune solution concrète n’a été apportée, malgré les plaintes répétées. Ce vol, loin d’être un simple incident isolé, a aggravé une situation électrique déjà fragile.
La cabine électrique située à proximité de l’école primaire Lwanga est aujourd’hui au cœur du problème. D’après les témoignages, elle est utilisée de manière anarchique : des départs électriques y sont tirés vers des destinations inconnues, au mépris total des normes techniques. Il suffit, expliquent les habitants, de se placer devant cette cabine pour constater l’enchevêtrement de câbles envoyés dans toutes les directions, surchargeant dangereusement l’installation.
Résultat : pour l’ensemble du quartier Lwanga, l’électricité est devenue un luxe. Les coupures prolongées se succèdent, paralysant les activités économiques, perturbant la vie scolaire des enfants et plongeant les ménages dans l’obscurité. Pendant ce temps, la SNEL continue de facturer une consommation que les abonnés ne peuvent ni vérifier ni réellement utiliser.
À cette pénurie d’électricité s’ajoutent désormais de fréquents cas de vol dans le quartier, favorisés par l’obscurité permanente. Maisons cambriolées, passants agressés, biens arrachés : l’insécurité gagne du terrain. « Cette situation crée aussi une grave insécurité », confie un riverain, dénonçant un abandon total des autorités face aux conséquences directes de ce black-out prolongé.

Au-delà du désagrément, cette situation pose de sérieuses questions de gouvernance et de responsabilité. Comment expliquer qu’un vol présumé impliquant un agent passe sans suite pendant des mois ? Pourquoi laisser une cabine électrique être surchargée au point de pénaliser tout un quartier ? Et surtout, comment justifier la facturation régulière d’un service presque inexistant ?
À Lwanga, les habitants ne demandent pas l’impossible. Ils réclament simplement un rétablissement normal de l’électricité, une gestion responsable des installations et une facturation conforme à la réalité du service fourni. En attendant des réponses concrètes, le quartier reste plongé dans le noir… au prix de la sécurité et de la dignité de ses habitants.
Lionel IPAKALA.
