Kisangani : le Centre Simama, pilier des personnes vivant avec handicap, menacé par une grave crise financière

Le Centre Simama, structure emblématique de prise en charge des personnes vivant avec handicap dans la ville de Kisangani, Province de la Tshopo, traverse une période critique marquée par de sérieuses difficultés financières qui compromettent son fonctionnement.

Fondé en Décembre 1985 par feu le Père Martin Koennix, de la congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, le Centre Simama est une œuvre sociale de l’archidiocèse de Kisangani. Depuis plus de quatre décennies, il encadre différentes catégories de personnes vivant avec handicap, notamment les handicapés physiques, les malentendants et les personnes souffrant de troubles du langage, tant à Kisangani que dans certains territoires de la province de la Tshopo.
La mission principale de cette institution est d’assurer la formation professionnelle et l’autonomie économique de ses bénéficiaires.

À cet effet, le centre offre des formations en menuiserie, cordonnerie, coupe et couture, informatique, ainsi que dans la fabrication de tricycles, dans le but de favoriser l’auto-prise en charge et la réinsertion sociale.
Au-delà de la formation, le Centre Simama joue également un rôle socio-médical essentiel. Il dispose de services de kinésithérapie, de neuropsychiatrie, d’orthopédie et assure la prise en charge des personnes épileptiques, dont le nombre reste élevé dans la région. Le centre est aussi doté d’un laboratoire, d’un service d’imagerie et de radiographie.

Cependant, selon son dtirecteur, le frère Pascal Baragata, l’avenir du Centre Simama est aujourd’hui incertain. La disparition progressive de ses principaux bienfaiteurs, combinée aux effets durables de la crise liée à la Covid-19, a fortement réduit les sources de financement.
Cette situation a entraîné des ruptures fréquentes de stocks de médicaments, souvent importés d’Europe, limitant ainsi la capacité du centre à offrir des soins adéquats.

Le frère Baragata révèle que l’épilepsie constitue le cas le plus récurrent, avec environ 340 à 350 patients reçus chaque mois.
Faute de moyens financiers suffisants, le Centre Simama peine désormais à répondre efficacement aux besoins croissants des malades et des personnes en situation de handicap, mettant en péril une œuvre sociale longtemps considérée comme un refuge pour les plus vulnérables de la société.

Gabriel Makabu
Correspondant/ Kisangani

Plus de lectures incontournables

Les plus récents