À Kinshasa, l’air est trop pollué qu’il vaut mieux quitter la capitale       

Pourquoi le Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale ne l’a jamais honni dit ? Pourtant voilà plus de trois mois que  la santé de plus de 15 millions de personnes qui vivent dans la capitale est en danger permanent. 

Ce n’est pas une résurgence du Covid-19 mais il s’impose de porter un masque quand on circule dans la ville de Kinshasa. Avec un volume de 2.5 des Particules Matter, en pratique , l’unité des mesures de dangereuses matières microscopiques solides ou liquides en suspension dans l’air, la Capitale a,  selon l’OMS, une mauvaise qualité de l’air.

Qui contient, en effet, des particules très fines nuisibles à la santé humaine, lesquelles investissent les voies respiratoires et causent  de sérieux dégâts  cardiovasculaires.  L’Organisation  Mondiale de la Santé a mis à l’index la capitale de la RDC , plus de 15 millions d’âmes, depuis octobre 2025.

 Mais jamais le fait qui relève d’une urgence sanitaire n’a fait l’objet d’une préoccupation particulière des pouvoirs publics. Sur les réseaux sociaux, les médias en ligne  favorables à l’ancien Gouverneur Gentiny Ngobila Mbaka, prétendent qu’il a légué à Daniel Bumba Lubaki, une ville qu’il a sortie de la liste de 25 villes les plus sales du monde. 

Et que son Ministre Provincial de l’Environnement , Léon Mulumba, s’emmêle les pinceaux et s’est  lancé dans une croisade des destructions des maisons afin de reprendre les emprises publiques le long de grandes artères. 

Selon l’OMS, les très fines particules qui flottent dans l’air ambiant résultent des    activités humaines, essentiellement la circulation routière mais aussi les  industries manufacturières, etc, 

La pollution de l’air n’est pas l’apanage de la seule Ville de Kinshasa, Pékin, Brasilia , Londres … Paris, le désastre est mondial. Mais dans ces villes, l’administration prend des mesures drastiques pour juguler la pollution.

 Depuis Janvier 2025, la capitale française a catégorisé les  véhicules en  Crit’Air de zéro à cinq. Les véhicules de Crit’Air 3, 4 et 5 sont, en effet, interdits dans l’ensemble de la zone de faible émission (ZFE) parisienne du Lundi au Vendredi, de 8h à 20h. 

 Après une année de transition plutôt pédagogique durant laquelle on a convié les Parisiens à abandonner leurs teufs-teufs, le régime des amendes soit 68€, un peu plus de 70 $US a commencé le 1er janvier 2026. La circulation des véhicules classés Crit’Air 3 , dont des voitures diesel datant d’avant 2011 et  essence d’avant 2006 sont  est interdite dans le Grand Paris, donc dans le périmètre de l’autoroute A86, en semaine de 8h à 20h.

 Les véhicules Crit’Air 4, 5 et non classés restent interdits. Il s’agit de  véhicules des modèles diesel anciens, bordeaux et gris, fortement polluants, mis sur le marché entre 1997 et 2005,  des  Poids lourds : Diesel remontant à la période 2006 à septembre 2009.

 L’interdiction vise aussi les deux-roues datant d’avant 2004.       

EMBOUTEILLAGES, ÉCHEC ET MÂT !  

 À Kinshasa, l’on parle des ” Wewa ” ou ” Maniement “, ces moto-taximen qui, peu importe, la qualité et les normes pollution de leurs engins, paient juste 500 FC à des agents de l’Hôtel de ville mobilisés sur de rares routes praticables de Kinshasa et reconnaissables à leur gilet marqué des insignes de la ville. L’administration Daniel Bumba a rétabli le contrôle technique, une sorte de check-up, officiellement, pour se rassurer de l’état des véhicules. 

Mais en réalité, selon des témoignages des conducteurs,  il suffit de verser 80 $US pour le prétendu véhicule, que le véhicule date d’avant Jésus-Christ, il jouit désormais d’un sauf-conduit pour circuler n’importe où, n’importe quand. Une enquête du Soft International sur la qualité du carburant avait  poussé le Service des Entreprises Pétrolières (SEP) dans une campagne marketing de ses produits, voilà 15 ans.

 Depuis, c’est plutôt le paiement des taxes qui prime. Le Ministère des Hydrocarbures s’est félicité qu’à fin Décembre 2025, ses recettes ont connu un taux d’accroissement de 700%! RAS, rien à signaler, sur le volet normes, quel est le taux des composés organiques volatils comme le benzène ou encore du soufre, plomb, cadmium, nickel? 

Tant pis pour personne.

 Par ailleurs, un propriétaire de véhicule modèle est , selon les conditions  de l’Hôtel de ville, celui qui a payé au moins 564 dollars dont la vignette à 70 $US, le permis de conduire 120$US, 80 dollars de contrôle technique et l’, assurance à partir de 294 $US. 

Pourtant Kinshasa offre, au quotidien, l’image désolante des  milliers des motos et des centaines des voitures passent devant des  monticules éparses de déchets.  

Et la Vice-Premier , Ministre des Transports, et l’Hotel de Ville ont visiblement jeté l’éponge face aux embouteillages. Échec et mât. Et, Kinshasa est trop sale, avec une voirie cahoteuse et, par endroits , la réhabilitation des routes se fait en parfait désordre et dysharmonie. 

Même le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo l’a reconnu lors de son dernier discours sur l’état de la Nation devant les deux chambres parlementaires réunis en congrès.       

POINT DE COORDINATION, CHAQUE MINISTÈRE EN FAIT À SA TÊTE

Selon une étude scientifique publiée en 2023, 7.800 tonnes de déchets solides municipaux sont produites chaque jour à Kinshasa. plus de deux ans, la barre symbolique de 10.000 tonnes des déchets/ jour pourraient avoir été largement dépassés. Pis, le principal site de traitement et enfouissement dans la banlieue est, dans la commune de la N’sele, à plus de 40 km du centre-ville, fait l’objet d’une guerre de propriété entre l’Hôtel de ville et une influente femme. 

Fin 2025,  la firme spécialisée suisse QAir s’inquiétait que l’indice de qualité de l’air a atteint 201, un niveau qualifié de très malsain selon  les normes internationales.  

Le Ministère National de l’Environnement, du Développement Durable et de la Nouvelle Economie du Climat a revu, a-t-on appris, la politique nationale d’assainissement en  intégrant  la lutte contre le réchauffement climatique, les mécanismes spécifiques visant à réduire toutes les formes de pollution, notamment celle de l’air.

Mais à ce jour, il demeure un obstacle de taille pour sa mise en application: la coordination entre différents ministères impliqués dans la problématique de la pollution notamment la Vice-Premature des Transports et voies de communication et celle de l’Intérieur,  les Ministères de la Santé Publique, du Commerce extérieur, etc.,

Dans l’entre-temps, Kinshasa se rapproche au jour le jour des effets du Fukushima, du nom de cette ville japonaise dont l’explosion d’une centrale nucléaire a tellement pollué l’environnement que leur retour de la population 15 ans plus tard est très déconseillé malgré les assurances du Gouvernement de Tokyo. La viabilité de Kinshasa devient sujette à caution.       

Pold LEVI

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