AFC/M23-RDF : la question qui dérange sur les FDLR et les 5 000 soldats FARDC capturés

Alors que la présence militaire rwandaise à l’Est de la RDC continue d’alimenter les tensions régionales, une interrogation majeure refait surface : comment la coalition AFC/M23, soutenue par l’Armée Rwandaise selon plusieurs rapports internationaux, parvient-elle à capturer des milliers de soldats congolais sans neutraliser les FDLR, pourtant présentées comme la principale justification de cette guerre ?

Une constante dans les justifications de Kigali

Depuis près de trois décennies, les interventions militaires ou les rébellions soutenues par le Rwanda dans l’Est de la République Démocratique du Congo sont régulièrement justifiées par différents motifs sécuritaires.
De l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) à la fin des années 1990, au Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), puis au Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), jusqu’à l’actuelle coalition AFC/M23, les arguments avancés ont évolué au fil du temps.

À l’époque de l’AFDL, la question de la nationalité des Banyamulenge et leur supposée exclusion du Zaïre figurait parmi les justifications avancées. Pourtant, selon plusieurs chercheurs et historiens, cette question reste controversée dans l’histoire administrative et coloniale du pays.

Aujourd’hui, le discours officiel met surtout en avant la présence des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), présentées comme une menace sécuritaire pour Kigali.
Une menace contestée
Cependant, cette justification est régulièrement remise en cause.

Lors d’une interview largement relayée sur les réseaux sociaux, Vincent Karega, ancien ambassadeur du Rwanda en RDC, avait lui-même reconnu que les FDLR ne représentaient plus une menace majeure pour le Rwanda.
Selon lui, ces forces rebelles auraient été considérablement affaiblies par les opérations menées par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) au cours des dernières années.

Cette déclaration soulève donc une contradiction dans le discours sécuritaire souvent avancé pour justifier les opérations militaires dans l’est congolais.

Une question qui reste sans réponse

Dans ce contexte, une interrogation majeure persiste.
Selon plusieurs informations circulant dans les milieux sécuritaires et médiatiques, la coalition AFC/M23 affirme avoir capturé près de 5 000 soldats des FARDC, qu’elle dit vouloir remettre au Comité International de la Croix-Rouge (CICR).

Mais une question continue d’alimenter le débat : comment une force rebelle capable de capturer des milliers de militaires congolais, avec l’appui bien sûr de l’Armée Rwandaise, selon plusieurs rapports internationaux, n’est-elle pas parvenue à capturer ne serait-ce qu’un seul combattant des FDLR, pourtant présentées comme l’ennemi principal ?
D’autant plus que les estimations évoquent aujourd’hui une force résiduelle de moins de 2 000 combattants FDLR, dispersés dans des zones où opèrent également les rebelles du M23.

Un débat qui dépasse le terrain militaire

Cette contradiction apparente nourrit les interrogations d’une partie de l’opinion congolaise et des analystes régionaux.
Pour beaucoup, la question des FDLR resterait davantage un argument politique et diplomatique qu’un objectif militaire concret dans la dynamique du conflit.

Alors que la crise sécuritaire continue de secouer l’est de la RDC, cette interrogation demeure au cœur du débat : la lutte contre les FDLR est-elle réellement la priorité stratégique des forces soutenues par Kigali, ou simplement un argument récurrent pour justifier leur présence sur le territoire congolais ?

Une question qui, pour l’instant, restera sans nul doute, réponse officielle, eu égard de la Nature du régime de Kigali avec Paul Kagame à sa tête.

Lionel IPAKALA Y.

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