À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée le 25 avril, l’ONG Sanru Asbl a organisé, le vendredi 24 avril, une rencontre d’échanges avec ses partenaires des médias à l’hôtel Héléna, dans la commune de Kalamu à Kinshasa. Objectif : faire le point sur ses actions, ses résultats en 2025 et renforcer la collaboration avec la presse dans la sensibilisation des populations.

Au cours de cette rencontre, le responsable de communication de Sanru, Patrick Bukasa, a présenté les réalisations de l’organisation dans la lutte contre le paludisme. De son côté, la cheffe de service de la mobilisation du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) est revenue sur l’historique de cette journée mondiale, tandis que la responsable du service TPI du PNLP a détaillé la politique nationale ainsi que les innovations mises en œuvre pour combattre cette maladie endémique.
Créée en 1981 comme projet de l’Église du Christ au Congo (ECC), Sanru est devenue une ASBL en 2011. Forte de 45 ans d’expérience, cette ONG nationale à vocation sanitaire intervient aujourd’hui dans les 26 provinces de la RDC, avec une couverture estimée à plus de 10 millions de bénéficiaires.

Elle pilote actuellement 18 projets axés notamment sur les soins de santé primaires, la lutte contre les épidémies, le renforcement du système de santé et la chaîne d’approvisionnement en médicaments.
Dans le cadre spécifique de la lutte contre le paludisme, Sanru a couvert en 2025 près de 374 zones de santé réparties dans 21 provinces.
L’organisation a mis en œuvre des stratégies combinant prévention, sensibilisation et prise en charge, avec des innovations telles que la chimioprévention pérenne et saisonnière.
Parmi les actions phares, plus de 14 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été distribuées, dont 4 millions lors de campagnes de masse et 5 millions à travers les consultations prénatales et pédiatriques.

Ces efforts ont permis à Sanru de contribuer à près de 80 % de la couverture nationale des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans, les groupes les plus vulnérables face au paludisme.
Sur le plan communautaire, l’organisation s’appuie sur plus de 6 600 sites de soins et environ 55 000 cellules d’animation communautaire.
Ces structures de proximité facilitent l’accès aux soins, notamment dans les zones enclavées. En 2025, près de 2,5 millions de cas suspects ont été pris en charge, dont environ 1,6 million de cas confirmés de paludisme traités, avec une contribution estimée à 89 % au niveau national pour les soins communautaires.

Sanru intervient également dans le secteur privé, en collaboration avec des pharmacies agréées dans plusieurs grandes villes du pays, notamment Kinshasa, Goma, Kisangani et Lubumbashi, afin d’améliorer le dépistage et l’accès aux traitements subventionnés.
Malgré ces avancées, plusieurs défis persistent. L’insécurité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a ralenti certaines interventions, tandis que l’état dégradé des infrastructures routières complique l’acheminement des médicaments.
Par ailleurs, la survenue d’autres épidémies, telles qu’Ebola et le Mpox, a perturbé les activités de prise en charge.
Face à ces enjeux, Sanru appelle les professionnels des médias à jouer pleinement leur rôle. L’organisation attend d’eux qu’ils relaient des informations fiables, contribuent à la sensibilisation des communautés, luttent contre la désinformation et valorisent les efforts du gouvernement et de ses partenaires dans le secteur de la santé.

Placée sous le thème « Motiver pour éliminer : maintenant nous pouvons, maintenant nous devons », la Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2025 se veut un appel à l’action collective. Pour Sanru, l’engagement conjoint des autorités, des partenaires et des médias reste essentiel pour réduire durablement le fardeau du paludisme en République Démocratique du Congo.
Lionel IPAKALA Y.
