Lubumbashi : des déplacés de l’Est manifestent devant l’Assemblée Provinciale pour dénoncer deux ans d’abandon

À Lubumbashi, la situation humanitaire de plusieurs familles déplacées internes devient préoccupante. Des dizaines de ménages originaires de l’est du pays vivent actuellement dans une grande précarité après l’effondrement de leurs abris de fortune, détruits par de fortes pluies ces derniers jours.

Selon des témoignages recueillis sur place, plus de 80 ménages ayant fui les violences armées dans la région de Goma et dans la province du Nord-Kivu se retrouvent désormais sans logement. Leurs habitations précaires, construites avec l’aide de particuliers, se sont effondrées sous l’effet des pluies diluviennes, les contraignant à passer plusieurs nuits à la belle étoile.

Face à cette situation, ces déplacés ont organisé un sit-in mercredi devant le siège de l’Assemblée Provinciale du Haut-Katanga afin d’alerter les autorités sur leurs conditions de vie. Les manifestants dénoncent un abandon prolongé, affirmant vivre dans des conditions précaires depuis près de deux ans.

Leur porte-parole, Paul Biamungu, s’inquiète particulièrement pour la santé des enfants. Selon lui, plusieurs mineurs présentent déjà des symptômes de maladies liées à l’exposition au froid et aux intempéries, notamment la grippe, la toux et le paludisme :

« Nos enfants tombent malades parce qu’ils passent la nuit dehors, sous la pluie et le froid », a-t-il déclaré, appelant les autorités provinciales et nationales à intervenir en urgence.

Les familles déplacées lancent également un appel aux organisations de la société civile, en particulier aux associations engagées dans la défense des droits des femmes, pour qu’elles se mobilisent en leur faveur. Une grande partie de ces déplacés sont en effet des femmes accompagnées de leurs enfants, ce qui rend la situation encore plus critique.

Au-delà de l’hébergement, les manifestants réclament une assistance humanitaire urgente, notamment en matière d’abris, de soins médicaux et d’aide alimentaire.
La problématique des déplacés internes demeure l’une des conséquences les plus visibles du conflit persistant dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Si certaines familles ont trouvé refuge dans d’autres provinces, leur intégration reste souvent difficile en raison du manque de dispositifs d’accompagnement durable.
À Lubumbashi, ces familles espèrent désormais que leur mobilisation devant l’Assemblée provinciale permettra d’attirer l’attention des autorités et de susciter une réponse rapide face à cette urgence humanitaire.

Josué Lwamba, correspondant/Haut-Katanga

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