RDC : ” la révision constitutionnelle n’est pas une priorité en période de guerre” , dixit le Professeur Maindo

Face au débat sur une éventuelle révision de la Constitution en République Démocratique du Congo, le professeur Alphonse Maindo estime que l’urgence nationale se situe ailleurs. Pour cet enseignant de la Faculté de droit de l’Université de Kisangani, la priorité actuelle doit être la sécurisation de l’Est du pays et la lutte contre toute tentative de balkanisation du Nord et du Sud-Kivu.

Dans une déclaration relayée à Kisangani, l’universitaire rappelle que la Constitution congolaise prévoit elle-même les mécanismes et les conditions de sa révision. Toutefois, il souligne que cette démarche ne peut être engagée en période de guerre :

« La Constitution peut être révisée, mais pas lorsque le pays est en guerre. C’est clairement prévu dans la loi fondamentale. Aujourd’hui, la RDC fait face à une situation sécuritaire grave dans sa partie orientale. Le moment n’est donc pas opportun pour une révision constitutionnelle », a-t-il affirmé.

Pour Alphonse Maindo, les autorités devraient plutôt concentrer leurs efforts sur les véritables préoccupations des Congolais, notamment l’insécurité persistante dans l’Est du pays, les massacres des populations civiles, les violences sexuelles et l’occupation de certains territoires par des groupes armés.
L’enseignant s’interroge également sur l’impact réel d’une réforme constitutionnelle dans le contexte actuel :

« En quoi la révision de la Constitution peut-elle résoudre le problème de la balkanisation du pays ? Avant toute chose, il faut mettre fin à l’occupation du territoire national », soutient-il.

Le professeur de l’Université de Kisangani appelle ainsi à l’intensification des actions politiques et diplomatiques afin d’identifier les causes profondes du conflit dans l’Est de la RDC. Il plaide aussi pour l’amélioration des conditions sociales de la population à travers la création d’emplois, l’accès à l’eau et à l’électricité, le développement des infrastructures ainsi que le respect des droits humains.

Concernant les Forces Armées de la RDC (FARDC), Alphonse Maindo insiste sur la nécessité de mieux encadrer et équiper les militaires, tout en restaurant la discipline et la motivation au sein de l’armée :

« En RDC, le véritable problème réside souvent dans l’application des textes et dans les personnes chargées de les faire respecter », a-t-il ajouté.

L’universitaire rappelle par ailleurs que certaines dispositions de la Constitution demeurent intangibles, notamment celles relatives à la forme républicaine de l’État, au nombre et à la durée des mandats présidentiels ainsi qu’aux droits fondamentaux.
Enfin, Alphonse Maindo met en garde contre toute instrumentalisation politique du référendum constitutionnel :

« Au lieu de modifier la Constitution, attaquons-nous aux véritables priorités du pays. Certains acteurs politiques utilisent le débat sur le référendum comme une stratégie pour changer la Constitution au profit de leurs intérêts », a-t-il conclu, appelant les Congolais à privilégier l’intérêt général plutôt que les ambitions personnelles.

Gabriel Makabu
Correspondant/ Kisangani

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