RDC : la C64 suspend sa marche du 22 juillet et donne jusqu’au 15 Août au pouvoir pour convoquer le dialogue national

La Coalition Article 64 (C64) a décidé de reporter sine die la marche pacifique prévue le 22 Juillet devant le Palais de la Nation pour réclamer la démission du Chef de l’Etat . Se disant attentive à l’appel de la CENCO et de l’ECC en faveur d’un dialogue, elle accorde un délai au pouvoir pour engager un processus inclusif, tout en prévenant qu’elle relancera ses actions citoyennes si aucun acte concret n’est posé d’ici au 15 août.

La décision est contenue dans un communiqué lu le Lundi 20 Juillet par Franklin Tshiamala, du parti Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) d’Augustin Matata Ponyo. Le document est cosigné par les cinq principales figures de la Coalition : Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble pour la République), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (Envol).

Selon la C64, ce report répond à l’appel lancé le 18 juillet par la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), qui ont exhorté les acteurs politiques à privilégier la voie du dialogue. La Coalition dit également prendre acte de l’engagement exprimé par la Présidence de la République, à l’issue de la rencontre entre le Chef de l’État et les responsables des deux confessions religieuses, en faveur de l’organisation d’un dialogue national inclusif dans le respect de la Constitution et des institutions.

La Coalition précise toutefois que cette décision, adoptée lors des réunions de sa Conférence des présidents des 18 et 20 juillet, ne traduit en aucun cas un abandon de son combat. Elle affirme demeurer pleinement mobilisée pour défendre l’ordre constitutionnel et réitère son opposition à toute initiative visant à modifier la Constitution, rappelant les dispositions des articles 70 et 220 qui limitent à deux le nombre de mandats présidentiels.

Sur le fond, la C64 estime que le futur dialogue devra traiter des principales causes de la crise que traverse le pays. Elle cite notamment la guerre et l’insécurité persistantes dans l’Est de la RDC, les défis liés à la gouvernance, la dégradation des conditions socio-économiques ainsi que les réformes indispensables à la réunification du territoire national et à la consolidation de la paix.

Elle réclame également l’adoption de mesures de décrispation politique afin de favoriser un climat de confiance entre les différentes parties.
La Coalition avertit par ailleurs que la responsabilité de la poursuite du processus incombe désormais au Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et à son Gouvernement.

Elle met en garde contre toute initiative susceptible d’alimenter les tensions, notamment la poursuite du projet de révision constitutionnelle ou l’éventuelle promulgation d’une loi sur le référendum.

Enfin, la C64 fixe une échéance au pouvoir, si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué avant le 15 Août 2026, ou si les engagements annoncés ne sont suivis d’aucune mesure concrète, elle affirme qu’elle en tirera « toutes les conséquences politiques » et se réserve le droit d’appeler la population à reprendre des actions citoyennes pacifiques. En attendant, la Coalition assure maintenir l’ensemble de ses structures, en République Démocratique du Congo comme au sein de la diaspora, en état de mobilisation permanente.

Lionel IPAKALA Y.

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