Des tensions internes émergent au sein du regroupement politique AFDC-A. Quatre députés nationaux ont officiellement pris leurs distances avec les déclarations attribuées à leur président national, Modeste Bahati Lukwebo, sur la question de la révision constitutionnelle.
Dans une déclaration rendue publique le Mercredi 18 Mars et lue par le député national élu de Goma, Patrick Munyomo, ces élus ont exprimé leur désaccord face aux propos du sénateur, qui estimait récemment que les problèmes de la RDC ne relèvent pas de la Constitution mais plutôt des individus.
Une prise de distance assumée
Les quatre parlementaires dénoncent des déclarations qu’ils jugent personnelles et non représentatives de la ligne officielle du regroupement. Ils regrettent également l’absence de démenti formel de leur leader dans les mêmes conditions médiatiques :
« Ces propos, marqués par une légèreté grave, ont porté atteinte à la loyauté du regroupement envers le Chef de l’État », ont-ils déclaré.
Réaffirmation du soutien à Tshisekedi
Dans la foulée, ces députés ont réitéré leur attachement à l’Union Sacrée de la Nation ainsi qu’à son autorité morale, le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi.
Ils ont salué les efforts diplomatiques du chef de l’État, mettant en avant les avancées obtenues sur la scène internationale, notamment les accords conclus à Washington ainsi que les sanctions américaines visant l’armée rwandaise et certains de ses hauts responsables, accusés d’implication dans le conflit à l’Est de la RDC.
Appel à un positionnement clair
Les signataires de la déclaration invitent par ailleurs les autres cadres de l’AFDC-A, députés provinciaux, membres du Gouvernement et mandataires publics, à clarifier leur position en se désolidarisant des propos de Modeste Bahati Lukwebo et en réaffirmant leur loyauté au Chef de l’État.
Une crise interne en toile de fond
Contacté, un cadre proche du sénateur a indiqué qu’une position officielle du parti serait bientôt rendue publique.
Cette polémique intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par la récente démission de Modeste Bahati Lukwebo de son poste de deuxième Vice-Président du Sénat, sur fond de contestation interne et de critiques liées à sa gestion.
Cette nouvelle fracture au sein de l’AFDC-A pourrait fragiliser davantage la cohésion du regroupement à un moment clé de la vie politique congolaise.
Fiston MUHINDO, Correspondant/ Nord-Kivu
