C64 : réussir la marche du 15 Septembre sans morts ni violence, le véritable défi

Des opposants annoncés comme blessés par balle qui, le jour suivant, apparaissent devant l’opinion, sans égratignures! Des images copiées et collées des films ou générées par l’IA étalant un semblant de chaos sous des crépitements de AK 47! Du tape-à-l’oeil, du trompe-l’oeil en vue de susciter l’ire de la communauté internationale, est une hameçon à laquelle ne mord que les esprits faciles à estomaquer! Pour sa crédibilité, l’opposition radicale menée par Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu, a tout intérêt a joué le jeu de la responsabilité. S’acharner à faire du Mardi 15 Septembre , un vendredi 13 comporte toutes les germes d’un effet boomerang, contre-productif à l’image de précédentes manif où la sale blague et l’attrappe-nigaud des opposants grièvement les a plutôt tournés en bourriques sur les réseaux sociaux.

La liberté de marcher des uns ne doit en aucun cas s’ériger en barricade à la liberté des autres de travailler, d’ouvrir son commerce ou d’aller à l’école.
Une manifestation de l’opposition est-elle forcément considérée comme « réussie » lorsqu’elle se termine par des blessés, des arrestations, des morts ou des affrontements avec les forces de l’ordre ? En République Démocratique du Congo, comme dans plusieurs pays africains, ce narratif mérite aujourd’hui d’être profondément remis en question.
La véritable réussite d’une marche pacifique ne devrait pas se mesurer au nombre de victimes, à l’ampleur des violences ou aux dégâts matériels enregistrés après la manifestation.

Une mobilisation démocratique réussie est avant tout celle qui permet aux citoyens d’exprimer leurs revendications, de remettre leur message aux autorités et de regagner leurs domiciles sans qu’une seule vie ne soit perdue. C’est tout l’enjeu de la manifestation annoncée le 15 Septembre, jour de la rentrée parlementaire, par les opposants regroupés au sein du C64.

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Le Palais du peuple, un point de chute hautement sensible

Le Palais du peuple, siège du Parlement congolais et point de chute annoncé de la manifestation, constitue cependant l’un des principaux défis sécuritaires de cette mobilisation.
Ce site abrite les deux chambres du Parlement, à savoir l’Assemblée Nationale et le Sénat. Ses abords sont considérés comme une zone particulièrement sensible au regard des règles de sécurité et du règlement intérieur qui encadrent le fonctionnement des institutions parlementaires.

Il est donc prévisible que les manifestants ne soient pas autorisés à franchir certains périmètres de sécurité autour du Palais du peuple.
C’est précisément à ce niveau que naît souvent le bras de fer entre les organisateurs des manifestations de l’opposition et les autorités de la ville de Kinshasa, chargées notamment d’assurer la sécurité des personnes et des biens, mais aussi la protection des institutions et des sites qui les abritent.
Lorsque les limites ne sont pas clairement définies et comprises à l’avance, le risque est grand de voir une marche pacifique dégénérer en confrontation entre manifestants et forces de l’ordre.

Éviter le spectacle désolant des précédentes manifestations

C’est dans cette perspective qu’une certaine opinion recommande aux différentes parties de privilégier l’anticipation, le dialogue et la concertation avant le 15 Septembre.
L’objectif devrait être de déterminer clairement, avant le début de la manifestation, le périmètre accessible aux marcheurs ainsi que le lieu précis où leur délégation pourra remettre son mémorandum.
Une autorité compétente devrait être officiellement désignée pour réceptionner ce document et recevoir une délégation des organisateurs dans une ambiance conviviale, respectueuse et pacifique. Cette démarche permettrait d’éviter le scénario souvent observé lors de certaines manifestations : des militants déterminés à atteindre un point symbolique, des forces de sécurité chargées de protéger un périmètre interdit, puis une confrontation dont personne ne sort véritablement gagnant. Le dialogue avant la marche peut éviter la violence pendant la marche.

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Faire de la manifestation une démonstration démocratique

Après deux précédentes manifestations qui n’ont pas produit les résultats espérés, le C64 prépare une nouvelle mobilisation dont le principal défi sera d’éviter tout dérapage.
Une forte mobilisation serait déjà perceptible dans le district de la Tshangu, où le président de l’ECiDé, Martin Fayulu, s’implique personnellement dans la mobilisation des militants et sympathisants.
Mais au-delà de la capacité à rassembler les foules, la réussite de cette marche dépendra surtout de la capacité de toutes les parties à préserver son caractère pacifique.

Les organisateurs devront sensibiliser leurs militants à un code de conduite clair avant, pendant et après la manifestation. Les marcheurs devront notamment éviter toute provocation, toute destruction et tout affrontement avec les forces chargées de leur encadrement. De leur côté, les policiers et autres agents commis à la sécurisation de la manifestation devront bénéficier de conditions adéquates de prise en charge ainsi que d’une sensibilisation rigoureuse aux règles professionnelles d’encadrement des rassemblements publics.
L’objectif doit être clair : zéro mort, zéro blessé et zéro casse.

Le report de la rentrée parlementaire, un signal d’apaisement

Dans cette perspective, la décision annoncée par le Secrétaire Général de l’UDPS, le député national Augustin Kabuya, de reporter l’heure de la rentrée parlementaire à 18 heures, afin de permettre aux opposants du C64 de manifester avant midi, apparaît comme un geste susceptible de favoriser l’apaisement.
Cette organisation pourrait permettre d’éviter une superposition entre la mobilisation politique et les activités liées à la rentrée parlementaire au Palais du peuple.
Le 15 Septembre pourrait ainsi constituer une occasion de démontrer que majorité, opposition, forces de sécurité et institutions peuvent faire vivre la démocratie sans transformer chaque manifestation en tragédie.

Car une marche véritablement réussie n’est pas celle qui laisse derrière elle des morts, des blessés et des dégâts matériels.
La plus grande victoire démocratique serait que les manifestants puissent marcher, exprimer leurs revendications, remettre leur mémorandum et rentrer chez eux en toute sécurité.

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Le véritable test du 15 Septembre

La mobilisation du C64 sera sans doute jugée sur le nombre de personnes présentes. Mais le véritable critère de réussite devrait être ailleurs.
Une marche réussie, c’est une marche massive sans être violente. Une marche revendicative sans provoquer de morts. Une marche encadrée sans brutalité. Une marche qui se termine par la remise d’un mémorandum et non par le bilan tragique des victimes.
L’enjeu est donc clair : éviter le spectacle désolant des précédentes manifestations et faire du 15 Septembre une démonstration de maturité démocratique.
Le défi n’est pas seulement de mobiliser les foules. Le véritable défi est de permettre à chacun de rentrer vivant chez lui après avoir exercé son droit d’expression.

Lionel IPAKALA Y.

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