Nord-Kivu : une incursion d’éléphants vire au drame à Nyamilima

Une attaque d’éléphants en divagation a coûté la vie à une personne et fait quatre blessés graves, Jeudi 12 Février 2026, dans la localité de Nyamilima, située à plus de 100 kilomètres au nord de Goma, dans le territoire de Rutshuru, dans la Province du Nord-Kivu .

Selon Aimé Mukanda Mbusa, défenseur des droits humains dans la région, les pachydermes ont d’abord envahi plusieurs champs, détruisant des cultures vivrières indispensables à la survie des ménages, avant de s’en prendre aux habitants. Une personne a été mortellement touchée, tandis que quatre autres ont subi de graves blessures.

Outre le lourd bilan humain, d’importants dégâts matériels ont été enregistrés, accentuant la vulnérabilité d’une population déjà confrontée à de multiples crises humanitaires et sécuritaires.
D’après des sources locales concordantes, la famille de la victime décédée aurait reçu une aide ponctuelle de 300 dollars américains de la part de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

Une assistance jugée largement insuffisante par les proches et par la communauté. Quant aux quatre blessés, ils seraient actuellement pris en charge dans des structures sanitaires locales, mais à leurs propres frais.

La population dénonce également l’absence de compensation pour les champs détruits et fustige le manque de mécanismes de protection contre les incursions récurrentes de la faune sauvage.
Des leaders communautaires rappellent que les tensions entre les riverains et le Parc national des Virunga se sont aggravées depuis 2018–2019, à la suite d’un conflit de délimitation des frontières du parc.

Ils estiment que la manière dont ces limites ont été imposées a fragilisé la cohabitation entre les populations locales et les gestionnaires du parc.
Face à ce nouveau drame, des notables de Nyamilima annoncent leur intention d’engager des démarches judiciaires pour obtenir réparation au profit des familles affectées.

Ils évoquent également de possibles dysfonctionnements et complicités dans la gestion du parc et la protection des communautés.
La population appelle enfin les autorités, les responsables des aires protégées et les partenaires humanitaires à mettre en place des dispositifs efficaces de prévention contre les incursions animales et à adopter une politique d’indemnisation juste et transparente pour les victimes.

Fiston Muhindo
Correspondant à Goma

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