Kinshasa : la commune de Selembao menacée par une progression inquiétante des érosions

La commune de Selembao fait face à une détérioration environnementale de plus en plus alarmante. Sous l’effet des pluies diluviennes qui s’abattent sur la capitale congolaise, le phénomène d’érosion prend une ampleur critique, fragilisant dangereusement cette partie de la ville. Ce constat a été observé par la rédaction de la unefm.cd le 6 avril 2026.

Selon les autorités locales, plus de 77 têtes d’érosion ont déjà été recensées, entraînant un recul progressif des terres, emportées par des eaux de ruissellement devenues difficiles à maîtriser.

Dans une interview accordée à la rédaction de la Unefm.cd , le Président du Conseil Communal, Pépé Kingudi, alerte sur la gravité de la situation :

« Notre municipalité n’est plus seulement menacé, il est en train de disparaître physiquement de la carte géographique de Kinshasa », déclare-t-il.

Une voie stratégique sous pression

Parmi les principales inquiétudes figure l’avenue de la Libération ex 24 Novembre , un axe vital aujourd’hui exposé à l’avancée rapide des ravins, notamment en provenance de la localité Camping. Cette route relie plusieurs communes clés, a l’instar de celles de Ngaliema, Bumbu, Ngiri-Ngiri et Bandalungwa, Kasavubu, lingwala et Gombe.

Sa dégradation, voire sa coupure, pourrait entraîner d’importantes perturbations économiques et compliquer le quotidien de milliers d’habitants :

« Si cette artère est coupée, les conséquences économiques et logistiques seront considérables pour toute la capitale », avertit Pépé Kingudi.

La localité de Camping, zone la plus exposée

La situation est particulièrement critique dans la Cité Camping, considérée comme le principal foyer d’érosion. Plusieurs quartiers, dont Kimbembe, Nkingu, Kipoy et Madiata, sont directement menacés.

À chaque pluie, les conséquences se répètent : effondrement des maisons, pertes matérielles importantes et déplacements de familles. Les dégâts touchent également les infrastructures, accentuant l’isolement de certaines zones :

« À chaque pluie, le même scénario se répète : des parcelles s’effondrent, des familles perdent en quelques heures les biens accumulés toute une vie », déplore le Président du Conseil Communal.

Un appel urgent à une réponse des autorités

Face à cette situation, les responsables locaux appellent à une intervention rapide du Gouvernement Central. La lutte contre l’érosion devient ainsi une priorité pour stabiliser les sols et sécuriser les infrastructures :

« La stabilisation des ravins est indispensable pour désenclaver durablement la commune, préserver les infrastructures et assurer son développement », insiste Pépé Kingudi.

Certaines actions sont toutefois saluées, notamment les travaux de dragage de la rivière Makelele ayant permis de protéger le pont Lubudi sur l’avenue Landu. Mais d’autres zones restent à risque, notamment la rivière Kalamu, régulièrement à l’origine d’inondations :

« Nous redoutons des situations difficilement maîtrisables en cette période de fortes pluies », prévient-il.

Un défi qui dépasse le cadre communal

Au-delà de Selembao, ce danger interpelle toutes les autorités compétentes, surtout celles ayant en charge les infrastructures et travaux publics, urbanisme aménagement du territoire. L’ avancée de cette érosion représente une perte réelle de territoire, avec des conséquences humaines, sociales, voire économiques importantes :

« Chaque mètre de terre emporté est une partie de notre municipalité qui disparaît », conclut Pépé Kingudi.

À Selembao, chaque pluie redessine la carte géographique de la commune… et rappelle l’urgence d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Jennifer Mazemba

Plus de lectures incontournables

Les plus récents