À Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, située à l’Es de la République Démocratique du Congo, une jeune agronome se distingue par une approche innovante de la gestion des déchets organiques. Son initiative, axée sur la valorisation des rebuts ménagers, contribue à la fois à l’assainissement urbain et à la création d’emplois verts, a constaté l’Agence Congolaise de Presse (ACP).
Il s’agit de Joëlla Mujijima Buhendwa, diplômée de l’Université Catholique de Bukavu, qui a fait de la transformation des déchets un levier de développement local.

Une solution scientifique à un problème urbain
Spécialisée en production végétale, la jeune chercheuse a orienté ses travaux vers l’élevage de la mouche soldat noire, un insecte capable de transformer efficacement les déchets organiques en produits à forte valeur ajoutée.
Face à l’insalubrité croissante et au chômage des jeunes, elle a fondé AstiFerme, une entreprise d’économie circulaire qui produit :
des protéines destinées à l’alimentation animale ;
du frass utilisé comme fertilisant organique ;
de l’huile à usage cosmétique.
Selon l’ACP, cette initiative participe à la réduction du volume des déchets urbains, à la baisse des importations d’intrants agricoles et à la promotion de l’emploi local :
« Nous avons les compétences et la créativité pour transformer nos défis en opportunités durables. Travailler avec les déchets n’est pas honteux, c’est un acte d’amour pour ma communauté », a déclaré Mme Mujijima, citée par l’ACP.
Agriculture, paix et cohésion sociale
Au-delà de l’innovation agricole, l’agronome s’investit également dans des actions communautaires. Elle a notamment servi comme Web Watcher pour l’UNICEF et s’est engagée dans la mobilisation des jeunes filles à Bukavu.
Élue chargée de la gestion de la paix à Nyalukemba et formée comme ambassadrice de la paix, elle défend une vision de l’agriculture comme outil de cohésion sociale :
« L’agriculture ne se limite pas aux champs. Elle touche à la paix, à la dignité et à l’autonomie des communautés », a-t-elle affirmé, selon les propos recueillis par l’ACP.
Une reconnaissance internationale en 2025
En 2025, Joëlla Mujijima a obtenu un Master en agronomie avec un mémoire consacré à la mouche soldat noire, démontrant la pertinence scientifique de son modèle entrepreneurial.
La même année, son engagement a été salué à l’international lors du salon AGRITECHNICA en Allemagne, où elle a remporté la première place mondiale du Women in Ag Award, catégorie Farming :
« Cette distinction prouve que les solutions africaines peuvent inspirer le monde entier et encourager davantage de jeunes femmes à se lancer », a-t-elle souligné, toujours selon l’ACP.
À ce jour, la fondatrice d’AstiFerme affirme avoir formé plus de 300 jeunes aux principes de l’agriculture circulaire et à la valorisation des déchets, consolidant ainsi un modèle de développement inclusif et durable.
Jennifer Mazemba
