Beni : les agriculteurs des Bashu rejettent la nouvelle délimitation du Parc des Virunga

Les cultivateurs de la chefferie des Bashu, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), s’opposent aux nouvelles limites du Parc national des Virunga proposées par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Ils dénoncent une réduction des terres agricoles, redoutent une aggravation des tensions foncières et réclament un dialogue inclusif avant toute mise en œuvre.

La contestation enfle autour du projet de redéfinition des limites du Parc national des Virunga. Dans la chefferie des Bashu, en territoire de Beni, les agriculteurs rejettent le rapport présenté par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), estimant que cette nouvelle cartographie compromettrait leurs activités agricoles et les moyens de subsistance de nombreuses familles.
Cette prise de position intervient une semaine après une réunion tenue à Beni entre les responsables du Parc national des Virunga et des représentants de la coopérative agricole Mukulima na Haki Yake.

À cette occasion, l’ICCN avait exposé les nouvelles délimitations du parc, présentées comme une initiative destinée à réduire les conflits récurrents liés à l’occupation des terres.
Dans une déclaration publiée le dimanche 12 Juillet 2026, le comité des cultivateurs du Graben affirme que ces nouvelles limites entraîneraient une diminution significative des superficies agricoles dans la chefferie des Bashu.

Selon cette structure, une telle décision risquerait d’affecter les revenus des ménages et de fragiliser davantage la sécurité alimentaire dans cette partie du Nord-Kivu.
Le comité remet également en cause la représentativité de la coopérative Mukulima na Haki Yake. Ses membres estiment que cette organisation ne dispose d’aucun mandat pour parler au nom de l’ensemble des agriculteurs du Graben.

Ils réaffirment néanmoins leur disponibilité à engager un dialogue direct avec l’ICCN afin de parvenir à une solution concertée.
Face à cette situation, les agriculteurs appellent le Gouverneur du Nord-Kivu sous état de siège à suspendre toute décision portant sur les nouvelles limites du Parc national des Virunga. Ils plaident pour l’organisation d’un dialogue inclusif réunissant les autorités, l’ICCN et les représentants des communautés locales, estimant qu’une médiation est indispensable pour concilier les impératifs de conservation de la biodiversité avec les droits et les besoins des populations vivant de l’agriculture.

Fiston Muhindo
Correspondant/Nord-Kivu

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