Un professeur ordinaire de l’Université de Kinshasa, UNIKIN a été froidement tué dans la nuit de Mercredi a Jeudi 8 Janvier par des hommes armés, non autrement identifié lors d’un braquage à son domicile situé dans la commune de Lemba, au centre de la capitale congolaise, a appris l’ACP de source familiale.
Selon le récit d’un proche de la victime, six individus armés ont fait irruption vers 23 heures dans la parcelle familiale du professeur Mathieu Abatha Diabar Sona, de la Faculté des Lettres de l’UNIKIN. Après avoir forcé la porte d’entrée, les assaillants ont investi le salon et exigé des biens de valeur. Sous la contrainte, la famille aurait remis environ 7 000 dollars américains ainsi qu’une chaînette en or.
Malgré cela, l’un des bandits a ouvert le feu à bout portant sur le Professeur, qui est décédé sur place. Les criminels ont ensuite pris la fuite. Alertée, la Police a ouvert une enquête pour identifier et appréhender les auteurs de cet acte, rapporte l’ACP.
En attendant l’issue des investigations, le corps de la victime a été transféré à la morgue des Cliniques Universitaires de Kinshasa.
Ce drame intervient dans un contexte d’insécurité persistante dans ce quartier. Le 24 Décembre dernier, une autre famille de Lemba, celle de Kadima Tshimpanda, avait été victime d’un braquage nocturne au cours duquel plus de 4 000 dollars américains avaient été emportés, sans faire de victimes.
Indignation et condamnations dans le milieu universitaire
L’assassinat du professeur Abatha Diabar a suscité une vive émotion au sein de la communauté académique. Le président de l’Association des Professeurs de l’Université de Kinshasa APUKIN , le professeur David Lubo, s’est dit profondément choqué par ce meurtre perpétré à proximité immédiate du Campus Universitaire.
De son côté, le professeur Ngbolua Koto-Te-Nyiwa a condamné avec fermeté cet acte qu’il qualifie de barbare :
« Un professeur d’université ne peut être abattu comme un animal. Attenter à la vie d’un enseignant-chercheur, c’est s’attaquer directement au savoir, à la transmission des valeurs et à l’avenir même de la Nation », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Il a par ailleurs exigé « l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, rigoureuse et transparente afin d’identifier, poursuivre et condamner les auteurs matériels et intellectuels », soulignant que protéger les enseignants revient à préserver « l’intelligence collective, la paix sociale et le développement du pays », selon les propos recueillis par l’ACP.
Jennifer Mazemba
