Aucun mot, à la Conférence nationale sur les infrastructures, sur les emprunts sud-africains qui ont atteint fin 2025, 450 millions $Us sans que le taux d’intérêt pour le remboursement ne soit connu. Pis, l’Etat congolais continue de s’endetter à l’international au prétexte de moderniser la voirie de la capitale et les routes nationales et les routes de desserte agricole.
Guma Fleet management services group Sau, groupe sud-africain dirigé par Robert Gumede du Bénin a conclu le 3 Février 2024 avec la RDC un contrat de modernisation, réhabilitation et entretien du réseau routier de la RDC. Fin 2025, un premier avenant a été greffé au contrat principal, selon une note obtenue par nos limiers, attestant que l’addendum a été validé par ” le gouvernement de la République Démocratique du Congo représenté le ministre des Infrastructures et Travaux Publics, et le ministre des Finances” et que “le total du financement initial et les montants empruntés aux prêteurs concernés” s’élève désormais à 450 millions $US.
Il sied de rappeler que Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, alors premier ministre, avait conduit la délégation congolaise à Cape Town, en Afrique du Sud, pour la cérémonie de signature du contrat entre la RDC et Guma en compagnie des institutions financières sud-africaines dont Development Bank of Southern Africa (DBSA), APSA et ECIC. Il était annoncé que Standard Bank pourrait s’associer à ce deal qui visait, selon les explications obtenues, de différents cabinets des ministres impliqués, tantôt à accélérer la réalisation du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL T 145), tantôt à la réhabilitation et l’entretien du réseau routier national, avec un accent sur les routes de desserte agricole pour faciliter l’accessibilité, tantôt à désenclaver les villages aux grandes agglomérations.
Selon nos sources aux ITPR, les emprunts sud-africains devraient aussi permettre l’acquisition, au bénéfice de l’Office des Routes et l’Office de voirie et drainage (OVD) des engins de construction et formation des opérateurs et techniciens congolais. Plus rien n’a avancé depuis que le ministre des ITPR a annoncé, en Août 2025, le redémarrage du projet… sinon que l’Etat congolais qui n’a jamais rendu public le contrat Guma, a publié un document non signé ; faisant état de l’augmentation des emprunts.
Toutes les tentatives du desk Ecofin de Launefm.cd d’atteindre Guma sont restées sans succès. Le Cadre budgétaire à moyen terme de la RDC, sur la période 2026-2028 ne reprend, nulle part le contrat Guma ou les emprunts sud-africains, contrairement aux ajouts financiers du contrat chinois Sicomines. Dans le secteur des infrastructures, le CBMT retient , en effet, « la poursuite de la construction des routes et voiries retenues dans le cadre du contrat chinois (Sicomines) » . Et parmi les projets retenus, il y a la construction de la rocade Nord-Est de Kinshasa, le bitumage et la modernisation du réseau routier d’intérêt général sur un linéaire de 12.730 Km à travers le territoire national, la réhabilitation du réseau routier en terre à travers le territoire national sur un linéaire
de 18.500 km, la construction des périphériques de 2×2, 3 ou 4 voies pour les grandes villes … le développement d’un système de drainage global compte tenu de la forte pression démographique et des constructions anarchiques au niveau des villes.
Il convient de rappeler qu’en Janvier 2024, grâce à la perspicacité de l’ancien chef de service de l’IGF, Jules Alingete Key, l’Etat congolais a arraché un avenant au projet Sicomines. En numéraires, cet addendum apporte 7 milliards $US à la RDC, une somme exclusivement allouée aux infrastructures routières dont la phase pilote est les deux rocades en construction autour de Kinshasa. Construites par la société Covec, partant de l’est de la capitale, de l’avenue Ndjoku, la première rocade enjambe le boulevard Lumumba, l’allée Buma, communément appelée Antoine Gizenga, et ouvre sur N’djili Brasserie puis poursuit sa trajectoire en longeant l’avenue de la Paix, atteint Kimwenza Gare, autour de laquelle des cités des agents publics sortent de terre. La rocade aboutit à Mitendi, en formant une bifurcation avec la route nationale n°1 au terme d’un tracé de 41,54 km.
La rocade Est reliera, en effet, le quartier Ndjili Kilambu à Mont-Ngafula, les Pk 16+800 comprenant la zone à exproprier et Pk 13+800 où est érigée la Base vie de Covec.
Sur le flanc occidental de Kinshasa, Crec 8 se charge de la construction de la rocade Sud-Ouest, qui va de Mitendi, sur la route nationale n°1, jusqu’à l’arrêt Mbudi, sur une longueur de 21,38 km.
Les premières rocades de Kinshasa s’étirent donc sur 73 km de part et d’autre de la banlieue kinoise. Le projet s’étend sur trois ans, de juin 2024 à juin 2027. En clair, chaque année, Sicomines qui assure le financement des travaux devrait verser près de 132 millions de dollars l’an, exactement 131 979 367,99 $US pour l’exécution des travaux. Fwamba ne dit pas où il va construire sa rocade et à quel prix. Comment et pourquoi donc l’Etat s’emploie à contracter, çà et là, des emprunts au risque d’exploser le stock de la dette publique qui est déjà revenu à son niveau d’avant l’IPPTE, alors que les ressources internes sont acquises pour construire rocades et autres artères tant dans la capitale que dans l’arrière-pays?
Félix Tshisekedi a recommandé au Gouvernement de mûrir des projets crédibles afin d’assurer le remboursement des emprunts dus à l’Eurobond, plus de 1,2 milliard $US sans compter les intérêts. Il sied de rappeler que le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a prévu la construction d’une rocade et de 300 km des routes dans la capitale avec les ressources Eurobond.
Pold LEVI
