(Analyse de Daddy Kangulu Lobo)
La sortie médiatique de Joseph Kabila dans le quotidien belge Le Soir continue de susciter de vives réactions sur la scène politique congolaise. Dans un ton ferme et sans détour, Daddy Kangulu Lobo,
Cadre Udps au niveau de la CPHF et
Coordonnateur de la Dynamique des Cadres de l’Udps pour la 4ème République, démonte ce qu’il qualifie de discours truffé d’incohérences et d’aveux troublants, y voyant moins une mise en garde patriotique qu’une tentative de réécriture de l’histoire et de repositionnement stratégique.
Derrière les accents alarmistes et les appels à la souveraineté. Ce cadre de l’Udps, dénonce une posture qu’il juge ambiguë et indigne d’un ancien chef d’État, rappelant les zones d’ombre d’un long règne et pointant une responsabilité historique que nul discours ne saurait effacer. Pour lui, cette sortie médiatique n’est ni anodine ni désintéressée : elle ravive au contraire les interrogations sur les véritables intentions de Joseph Kabila et relance le débat sur la mémoire, la justice et l’avenir démocratique de la République démocratique du Congo. L’analyse que nous publions in extenso.
La récente sortie médiatique de Joseph Kabila dans La Libre Belgique appelle une réaction lucide, ferme et responsable.
Ses déclarations, loin de rassurer, soulèvent des interrogations.
Ils s’apparentent, au mieux, à une diversion, au pire, à une tentative de réécriture de l’histoire récente.
Il apparaît désormais clair que cet arrangement visait aussi à conserver sa main sur l’appareil démocratique du Congo pendant près de deux décennies et qu’il s’est mis au service du Rwanda.
Le peuple congolais, lui, n’a pas la mémoire courte.
Il se souvient des choix opérés dès 2001, notamment ce dialogue.
Les propos alarmistes sur une prétendue « soudanisation » du pays soulèvent des sérieuses inquiétudes.
La question est simple :
” s’agit-il d’une mise en garde sincère ou d’un aveu à peine voilé d’un plan conçu depuis des années ? “
Par ailleurs, l’aveu relatif à l’accord FCC-CACH post-élections de 2018 contredit les discours longtemps entretenus, notamment par certains de ses lieutenants dont Corneille Nangaa.
Concernant l’article 64 qu’il brandit, il est essentiel de rappeler qu’en son alinéa 2, il interdit toute tentative de renversement du régime constitutionnel, qualifiée d’infraction contre la Nation et l’État.
Le changement de la classe politique, en démocratie, ne se fait pas par la guerre, mais par les élections, celles-là mêmes qu’il semble vouloir éviter à tout prix.
Il est pour le moins déroutant d’entendre aujourd’hui celui qui a dirigé la République se poser en donneur de leçons en matière de gouvernance et de stabilité.
Le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour sa part, a cru en la sincérité de cette démarche.
Mais face à la roublardise du système, celui-ci a été déboulonné dans l’intérêt du peuple.
Ce ne sont ni les drones utilisés pour créer des diversions par l’AFC/M23, ni les tentatives de fuite en avant qui détourneront l’attention.
Une commission indépendante et internationale est à pied d’œuvre pour établir les responsabilités, y compris celles de ses proches et lui-même impliqués dans ces actes ignobles.
S’agissant de la Constitution issue de cette période, nul ne peut raisonnablement la considérer comme intangible ni sacrée.
Elle est le produit d’un contexte exceptionnel, façonné sous contraintes pour satisfaire des équilibres entre belligérants et intérêts extérieurs.
La question de sa révision ou de son éventuel changement doit être posée avec sérénité, non pas au service d’ambitions personnelles, mais dans l’intérêt supérieur de la Nation, de sa souveraineté et de son avenir.
Et puisqu’il n’y a, selon lui, aucune raison de convaincre la population, pourquoi alors craindre les élections ?
Pourquoi vouloir outrepasser sa volonté en recourant aux armes qui continuent de tuer les Congolais ?
Le peuple est déterminé à lui faire échec, tout en se donnant les moyens de le faire dans le respect de la démocratie.
Le processus est en marche, et rien ne l’arrêtera.
La récente sortie médiatique de Joseph Kabila dans La Libre Belgique appelle une réaction lucide.
Goma pendant la période d’occupation qu’il était sensé combattre.
Dans ce contexte, la posture actuelle interroge autant qu’elle interpelle.
L’heure n’est plus aux justifications ni aux récits revisités.
Elle est à la vérité, à la responsabilité et à la reddition des comptes.
S’agissant du Katanga, la mémoire collective reste vive.
Les populations gardent en image un pouvoir qui les a appauvries en s’accaparant leurs richesses.
Vouloir y revenir en surfant sur les vieux démons de la sécession relève d’une indignité incompréhensible, plus encore lorsqu’elle émane d’un ancien Chef de l’État.
La République Démocratique du Congo mérite mieux que des leçons venues du passé.
Elle exige un engagement sincère, une vision claire et une loyauté sans ambiguïté envers son peuple et sa souveraineté.
Servir la Nation aujourd’hui, ce n’est pas commenter son avenir depuis les territoires occupés, mais assumer pleinement son passé, y compris devant la justice.
Quant à la Belgique, elle traite désormais avec la RDC d’égal à égal, dans un cadre de coopération assumée et respectueuse, une dynamique consolidée sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
KANGULULOBO Daddy
Cadre UDPS/Tshisekedi (CPHF)
Coordonnateur de la Dynamique des Cadres de l’UDPS pour la 4ème République
