UNIKIN : les 26 recteurs qui ont marqué plus de 70 ans d’histoire de l’Université de Kinshasa

De Lovanium à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), l’histoire de la plus grande institution universitaire de la République Démocratique du Congo s’est construite au fil des décennies sous la conduite de personnalités académiques d’exception. Depuis la création des premiers enseignements universitaires à Kimwenza en 1954 jusqu’à l’ère actuelle de la numérisation et du système Licence-Master-Doctorat (LMD), vingt-six recteurs et vice-recteurs ont contribué à façonner l’identité, le rayonnement et le développement de cette prestigieuse université.

Des pionniers de Lovanium aux bâtisseurs de l’excellence académique

L’aventure universitaire débute avec le père jésuite Maurice Schurmans , qui supervise les premières structures administratives de l’institution naissante. Il est ensuite relayé par Monseigneur Luc Gillon, considéré comme le véritable architecte de Lovanium.

Sous son rectorat, le campus prend forme et se dote notamment du réacteur nucléaire de recherche TRICO I, une réalisation majeure pour l’Afrique de l’époque.
En 1967, Monseigneur Tharcisse Tshibangu Tshishiku devient le premier Congolais à diriger l’université.

Théologien de renom, il marque une étape décisive dans l’africanisation de la gouvernance académique avant d’être appelé à la tête de l’Université Nationale du Zaïre (UNAZA).

L’ère de l’UNAZA et les défis de la centralisation

Entre 1971 et 1982, dans le cadre de la réforme universitaire initiée par l’État, le campus de Kinshasa est intégré à l’UNAZA. Plusieurs universitaires de haut niveau se succèdent alors au poste de vice-recteur, parmi lesquels Alphonse Elungu Pene Elungu, Félix Vundwawe Tepemako ou encore Léon de Saint Moulin.

Cette période est marquée par de profondes mutations institutionnelles, une forte politisation de la vie estudiantine et la recherche d’un modèle universitaire adapté aux ambitions nationales de l’époque.

L’autonomie de l’UNIKIN et les années de turbulence

Avec le retour à l’autonomie en 1982, le professeur Bokonga Ekanga Botombélé devient le premier recteur de l’Université de Kinshasa moderne. Plusieurs figures académiques lui succèdent, notamment Mpeye Nyango, Bingoto Mandoko na Mpeya, Boguo Makeli et Lombeya Bosongo.

Les années 1990 constituent l’une des périodes les plus difficiles pour l’université. Crises politiques, pillages, instabilité économique et conflits armés mettent à rude épreuve le fonctionnement de l’établissement.

Malgré ce contexte, plusieurs recteurs intérimaires, dont Luabeya Mesu a Kabwa, Pindi Mbensa bi Kuku, Lumpungu Kamanda et Tamba Vemba, parviennent à maintenir l’institution en activité.

Une institution résiliente face aux crises nationales

À partir de 1997, le professeur Georges Tsakala Munikengi dirige l’université dans un contexte marqué par la guerre. Son action permet de préserver l’essentiel des activités académiques.

Il est suivi par Josaphat Ndelo di Phanzu , dont le mandat est salué pour avoir rétabli un climat de paix sur le campus après plusieurs années de tensions estudiantines.
Les rectorats de Bernard Lututala Mumpasi, Michel Kika Mavunda et Jean Berchmans Labana Lasay’Aba r sont notamment marqués par la modernisation de la gestion administrative, l’assainissement financier et une plus grande stabilité du calendrier académique.

Jean-Marie Kayembe Ntumba à l’heure de la modernisation numérique

Depuis 2021, l’Université de Kinshasa est dirigée par le professeur Jean-Marie Kayembe Ntumba. Ancien doyen de la Faculté de Médecine et figure de premier plan de la riposte contre la Covid-19 en RDC, il conduit une série de réformes visant à moderniser l’institution.

Son mandat est notamment caractérisé par la généralisation du système LMD, la transformation numérique des services académiques et administratifs ainsi que la poursuite des travaux de modernisation des infrastructures universitaires.
Plus de sept décennies après sa création, l’UNIKIN demeure la principale référence de l’enseignement supérieur en République Démocratique du Congo.

Son parcours est indissociable de celui des vingt-six recteurs et vice-recteurs qui, chacun à leur manière, ont contribué à écrire l’histoire de cette institution emblématique du savoir congolais.

La rédaction

Plus de lectures incontournables

Les plus récents