Confronté aux conséquences de la crise sécuritaire qui secoue le Nord-Kivu ces derniers mois, le Centre de Recherche Aérospatiale Nyota Cosmos, porté par de jeunes étudiants de l’ISTA/Goma, peine aujourd’hui à relancer ses activités scientifiques.

L’alerte a été lancée ce samedi par l’un des cofondateurs du centre, Muhindo Kalondero Jeancy, lors d’un entretien accordé à notre rédaction. Selon lui, les activités de cette structure de recherche ont été fortement affectées par les événements survenus après la prise de la ville de Goma en janvier 2025, contraignant l’équipe à suspendre plusieurs projets en cours.
Créé en 2019 par Muhindo Kalondero Jeancy et Kwenene Oscar, le Centre de Recherche Aérospatiale Nyota Cosmos poursuit pourtant une ambition peu commune dans la région : développer progressivement des technologies aérospatiales africaines avec, à long terme, l’objectif de contribuer au lancement de nanosatellites en orbite basse depuis l’Afrique.
« Notre programme vise à permettre aux étudiants et aux jeunes chercheurs de mettre en pratique les connaissances acquises à l’université à travers des projets scientifiques concrets », explique Muhindo Kalondero.
Malgré des moyens limités et un environnement peu favorable à la recherche scientifique, l’équipe est parvenue à réaliser six essais de mini-fusées expérimentales en septembre 2024 à Goma. Selon les responsables du projet, les résultats obtenus ont été encourageants et devaient permettre la poursuite du programme baptisé « Suborbital ».

Cependant, la dégradation de la situation sécuritaire dans la province a interrompu l’évolution du projet. Plusieurs membres du centre ont été contraints de quitter Goma et se sont dispersés dans différentes localités du Nord-Kivu, compliquant davantage la reprise des activités.
Face à cette situation, les initiateurs de Nyota Cosmos lancent un appel aux autorités, aux partenaires publics et privés ainsi qu’aux personnes de bonne volonté afin d’obtenir un soutien matériel, technique et financier susceptible de relancer leurs travaux.

Pour ces jeunes chercheurs, au-delà de l’ambition spatiale, il s’agit également de démontrer que l’Est de la République démocratique du Congo demeure un espace de créativité, d’innovation et d’espoir malgré les défis auxquels la région est confrontée.
