Référendum en RDC : Me Achille Kapanga juge l’Est « non prêt » face à l’insécurité et Ebola

Le projet de référendum constitutionnel en République Démocratique du Congo continue de provoquer de vives réactions, particulièrement dans les provinces de l’Est où persistent les crises sécuritaires et sanitaires.

Après la déclaration de recevabilité par l’Assemblée Nationale de la proposition de loi portant organisation du référendum, plusieurs voix s’élèvent pour appeler les autorités à reconsidérer les priorités nationales avant toute réforme institutionnelle majeure.
Parmi elles, celle de Me Achille Kapanga, notable du Nord-Kivu et ancien maire de Beni, qui estime que les populations de l’Est ne sont actuellement pas en mesure de participer sereinement à un processus référendaire, au regard du contexte dramatique que traverse la région.

Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les affrontements entre les Forces Armées Congolaises et les rebelles du M23 continuent de plonger plusieurs territoires dans l’insécurité. Les déplacements massifs des populations civiles, les violences armées et la crise humanitaire restent particulièrement préoccupants.

À Beni et en Ituri, les attaques attribuées aux rebelles ADF se poursuivent, faisant régulièrement des victimes parmi les civils. Dans le territoire de Djugu, les exactions des miliciens de la CODECO entretiennent également un climat de peur et d’instabilité.
À cette situation sécuritaire tendue s’ajoute la résurgence de l’épidémie d’Ebola dans certaines zones de l’Est du pays, compliquant davantage les conditions de vie des populations.

Face à ce tableau, Me Achille Kapanga appelle les autorités à privilégier d’abord la paix et la sécurité avant d’engager le pays dans un débat constitutionnel sensible :

« Nous faisons face à l’insécurité, à Ebola, à la guerre du M23… Dans ces conditions, comment organiser un référendum ? Il faudrait d’abord créer des conditions minimales pour permettre au peuple de participer librement à ce processus », a-t-il déclaré.

L’ancien maire de Beni précise qu’il ne s’oppose pas aux initiatives politiques visant l’intérêt général, mais considère que la priorité immédiate devrait être la sécurisation des populations civiles, le retour de la paix et l’amélioration des conditions sociales dans les régions affectées par les conflits.
Selon plusieurs observateurs, l’organisation d’un référendum dans le contexte actuel pourrait accentuer les tensions politiques et sociales dans un pays déjà fragilisé par les crises sécuritaires à répétition.

Dans certains milieux politiques et de la société civile, des inquiétudes émergent également autour des risques de fractures nationales et des discours liés à une éventuelle balkanisation de la RDC, alors que plusieurs territoires de l’Est demeurent sous forte pression sécuritaire.
Pendant ce temps, l’opposition congolaise poursuit sa mobilisation contre le projet de révision constitutionnelle porté par l’Union sacrée.

Des manifestations ainsi que des journées « ville morte » sont déjà annoncées dans plusieurs villes du pays, avec une première grande mobilisation prévue le 3 juin 2026.
Dans ce climat tendu, plusieurs acteurs politiques et sociaux recommandent aux autorités de privilégier le dialogue national et de répondre en priorité aux préoccupations sécuritaires, humanitaires et sociales des populations avant toute réforme institutionnelle d’envergure.

Fiston Muhindo
Correspondant
Nord-Kivu

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