L’arrestation de l’homme politique Barnabé Milinganio, après ses déclarations affirmant que le Président rwandais Paul Kagame serait « partiellement congolais » par son père présenté comme issu de l’ethnie Rega, provoque une nouvelle vague de réactions et relance le débat sur les limites de la liberté d’expression en RDC.
Cette sortie médiatique intervient pourtant alors que les origines familiales du chef de l’État rwandais sont largement connues. Paul Kagame est historiquement présenté comme étant né d’un père et d’une mère tutsi rwandais.
Dès lors, plusieurs observateurs s’interrogent sur les motivations réelles ayant poussé Barnabé Milinganio à soutenir publiquement une thèse aussi sensible dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali.
Sur le plan juridique, un juriste contacté par la unefm.cd ayant requis l’anonymat, affirme :
” attribuer publiquement une origine nationale ou ethnique à une personnalité sans éléments probants peut exposer son auteur à des poursuites pour diffamation, propagation de fausses nouvelles ou encore outrage à un chef d’État étranger.”
Il a en outre renchérit :
” En RDC, certaines dispositions du Code pénal, notamment les articles 74, 136 et 207, peuvent être invoquées lorsque des propos sont jugés de nature à troubler l’ordre public ou à affecter les relations diplomatiques. “
Au-delà du débat judiciaire, cette affaire remet une nouvelle fois en lumière la question de la responsabilité des acteurs politiques dans leurs prises de parole publiques. Car Barnabé Milinganio n’en est pas à sa première polémique.
L’homme politique avait déjà été interpellé après ses propos controversés « Fatshi ako lia mbuma », une expression en lingala interprétée par plusieurs observateurs comme une allusion à une mort par balle visant le président Félix Tshisekedi.
Pour de nombreux analystes, cette nouvelle affaire pourrait apparaître comme « le récidivisme de trop », tant elle ravive les interrogations sur les dérives du discours politique, les limites de la provocation médiatique et l’équilibre délicat entre liberté d’expression et responsabilité publique dans un climat politique sous haute tension.
Lionel IPAKALA Y.
