Par son arrêté ministériel n°00305/CAB.MIN/MINES/01/26 du 22 Mai 2026, Louis Kabamba Watum sonne le glas du banditisme minier dans les territoires de Mwenga et de Shabunda, dans la province du Sud-Kivu.
Le ministre des Mines a, en effet, suspendu pour trois mois, donc jusqu’à fin Août 2026, toutes les activités minières dans ces deux territoires, le temps d’établir clairement qui fait quoi avec quel document légal :
«Une mission de contrôle de l’Inspection Générale des Mines en collaboration avec les autres services étatiques compétents, sur la légalité et la licéité de l’exploitation minière, est diligentée pour documenter tous les faits dénoncés, identifier leurs auteurs et préconiser les mesures coercitives ou correctives conformément à la loi », précise Louis Kabamba.
Le patron des mines déplore, en effet :
« la recrudescence des activités minières illicites ainsi que l’impact négatif de ces activités sur la sécurité et l’intégrité du territoire national notamment à travers le financement des projets de déstabilisation des institutions de la République ».
Dans la région, des organisations de la Société Civile saluent la décision du ministre des Mines. L’ONG ACADHOSA a effectué une mission de 14 jours à Shabunda et enquêté aussi à Mwenga. Elle en prépare un rapport choc :
«Savez-vous que ceux qui facilitent ce banditisme sont en même temps avec l’AFC/M23 et le Gouvernement ? Savez-vous qu’il y a une nouvelle fédération des coopératives minières au Sud-Kivu dont les membres fondateurs sont collaborateurs de l’AFC/M23 mais les activités s’opèrent à Kamituga et Lugushwa ? Un avocat proche du Gouvernement Provincial faciliterait les activités minières à Lugushwa. Il est sous- traitant de l’AFC/M23 pour la réhabilitation de la route Bukavu Tubimbi …. Aujourd’hui, il y a près de 6 sociétés minières qui opèrent dans les permis de Kamituga mining et Lugushwa mining sans documents… », écrit cet activiste de la Société Civile dans un forum sur les réseaux sociaux.
Parmi ces sociétés, il est cité SMX /Strategos, Yellow stone, Ucomiki, Louis Sarl, BM Global. Début Mai, la Société Civile locale a fait état de la venue des Chinois à l’aérodrome de Nyamibungu qui aurait été réhabilité par l’une des entreprises en conflit avec la loi.
D’entrée de jeu, le Gouverneur Jacques Purusi Sadiki dont un conseiller est soupçonné d’intelligence avec l’ennemi, est pris au dépourvu par l’arrêté de Kabamba Watum. Le Gouverneur Purusi avait, en effet, instruit son ministre (provincial) des Mines d’harmoniser avec la coopérative Ucomiki-Union” et de “ramener Strategos Mining et Exploration SAS sur la table de négociation sur le cahier des charges sur les permis n°38, n°39 et n° 2601” détenus prétendument par Lugushwa mining SAU.
Purusi a donc fait fi de la décision de la Banque Centrale qui a, à deux reprises, mis à l’index Strategos et ses principaux dirigeants à travers les notes successives Kabedi Malangu et André Wameso. Une mise à l’index vaut, en pratique l’exclusion du circuit financier en RDC, banques commerciales comprises.
Pis, selon nos sources, aucun greffe d’un quelconque Tricom n’a des traces d’un bilan financier de Strategos sur ces cinq dernières années. Ce qui est pourtant une obligation en vue de la comptabilité au niveau CPCC. Hélas, il nous revient, au contraire, que même les agents de renseignements ont été entraînés dans les actes de cette entreprise d’essence colombienne, a-t-on appris.
L’insubordination de l’autorité provinciale frise la rébellion quand l’acte d’expulsion émanant de la Cour d’Appel du Sud-Kivu sommant notamment SMX /Strategos, Yellow stone, Ucomiki, Louis Sarl, BM Global de quitter les sites légalement reconnus propriétés de Shomka, souffre d’application depuis mi-avril 2024. Purusi risque donc gros pour son parrainage de Strategos …autant que le DG du Guichet unique de création d’entreprise (GUCE), Herady Amisi, à l’origine de la confusion actuelle qui risque de profiter à l’ennemi, comme l’a si bien redouté le ministre des Mines.
Herady Amisi a déconsidéré les jugements rendus Avril 2021 par le Tribunal de Commerce de Kinshasa-Gombe et non seulement coulé en force de chose jugée mais surtout publiés dans le Journal officiel. Lesquels jugements portent ouverture des procédures collectives d’apurement du passif de Banro Corporation et établit l’homologation de la cession de l’intégralité des actifs de l’entreprise canadienne au profit de Shomka Resources, à savoir Lugushwa, Namoya, Kamituga et Banro.
Herady Amisi a, en toute désinvolture, retiré tous les RCCM accordés aux filiales de Shomka Resources. Le DG du GUCE a également foulé au pied l’acte uniforme de l’Ohada portant procédures collectives stipule, qui dans son article 57 stipule qu’” est nulle de plein droit toute cession d’actifs intervenue après l’ouverture de la procédure».
Difficile à ce point d’accorder crédits aux prétendues acquisitions des sites Banro par Strategos en date du 8 décembre 2022. Quand les prémisses sont fausses, la conclusion est absurde, dit-on en logique élémentaire.
Le secteur minier au Sud-Kivu et même au Maniema a longtemps souffert des actes et décisions absurdes s’opposant au droit, à la loi et à la vérité. Par ailleurs, nos sources renseignent que Shomka dispose des certificats de non-appel sur ses sites délivré par le greffier principal de la Cour d’Appel de Kinshasa /Gombe, fin Avril 2026.
L’équipe d’enquête diligentée par le ministre des Mines est dans l’obligation de rétablir les faits en conformité avec les dispositions légales. La crédibilité de l’Etat est en jeu.
Nadia Abija/CP à Uvira
