La récente séquence autour de la rumba congolaise et des prestations des artistes congolais à l’international continue de susciter des réactions au sein de l’opinion. Pour plusieurs observateurs, la polémique née après la conférence de presse du chef de l’état relève moins d’un problème culturel que d’une communication politique mal maîtrisée.
Décorer un artiste ayant contribué au rayonnement de la République Démocratique du Congo sur la scène internationale ne constitue pas, en soi, un fait critiquable. La présence du Chef de l’État au concert de Fally Ipupa au Stade de France s’inscrivait logiquement dans une dynamique de « soft power », cette stratégie d’influence culturelle permettant à un pays de renforcer son image à travers ses artistes, son sport ou encore sa culture.
Le chef de l’état ne ménage pas ses efforts à travers son implication personnelle dans cette stratégie, notamment pour ce qui concerne le sport en général et le football en particulier.
Le concert pour lequel l’artiste Fally Ipupa doit être décoré a d’ailleurs généré une forte visibilité pour la RDC, notamment grâce à l’importante mobilisation du public autour du concert.
Toutefois, certains analystes estiment que la communication présidentielle aurait gagné en équilibre et en inclusivité.
La controverse est surtout apparue lorsque le Président de la République a publiquement encouragé Koffi Olomidé et Werrason pour leurs productions européennes, sans évoquer d’autres figures majeures de la rumba congolaise telles que Ferré Gola et Héritier wantanabe également attendu sur la scène européenne , ou encore Jossart Nyoka Longo avec le patrimoine de la Rumba Congolaise, Zaiko qui s’ est aussi illustrés dans une grande salle européenne , le Zénith de Paris.
Pour plusieurs spécialistes de la communication, cette omission traduit une insuffisance de cadrage stratégique de la part des conseillers en communication. Dans un contexte où la rumba congolaise repose actuellement sur un courant ou une tendance artistique influente. ignorer certaines grandes figures peut rapidement être interprété comme un déséquilibre institutionnel.
La manière dont le sujet a été introduit lors de la conférence concernée soulève également des interrogations. Certains estiment qu’une telle discussion aurait davantage relevé d’une initiative journalistique plutôt que d’une intervention orientée par la modération, afin d’éviter toute perception de favoritisme culturel ou politique.
Au-delà de la polémique, plusieurs voix appellent désormais à une meilleure gestion de l’écosystème des mélomanes congolais, notamment sur les réseaux sociaux. Les dérives verbales, insultes et attaques personnelles observées ces derniers jours surtout envers la personnalité du garant de l’unité nationale, sont jugées incompatibles avec les valeurs que véhicule la Rumba Congolaise elle-même, considérée comme un art de rassemblement et d’harmonie.
Par ailleurs, des observateurs rappellent que le rayonnement international de la rumba congolaise ne date pas d’aujourd’hui. De Tabu Ley Rochereau, s’est produit près d’une semaine durant à l’Olympia de Paris, Koffi Olomidé, premier artiste africain à se produire à Paris-Bercy, en passant par Werrason, Ferré Gola ou encore les artistes congolais évoluant sur la scène française comme Gims et Dadju, plusieurs générations ont contribué à imposer la musique congolaise sur les plus grandes scènes internationales.
Pour nombre d’analystes, toute communication institutionnelle autour de la rumba congolaise devrait donc intégrer l’ensemble de ces références afin de préserver l’unité culturelle et éviter des polémiques inutiles dans un secteur aussi sensible que populaire.
Lionel IPAKALA Y.
