67 ans après, Maman Mwilu honorée à Nganga Lingolo à Brazzaville : un héritage spirituel toujours vivant

L’Église kimbanguiste de Nganga Lingolo, à Brazzaville, a commémoré avec ferveur les 67 ans de la disparition de Marie Muilu Kiawanga Nzitani, plus connue sous le nom de Maman Mwilu, épouse du prophète Simon Kimbangu et figure emblématique de la résistance spirituelle en Afrique.

Organisée dans un climat de recueillement, la cérémonie a réuni un large éventail de participants, notamment des autorités politico-administratives, des opérateurs économiques ainsi que des investisseurs venus des États-Unis. Cette forte mobilisation souligne l’importance historique et religieuse de cette date pour la communauté kimbanguiste.

Née le 7 mai 1885, Maman Mwilu demeure une référence majeure du kimbanguisme. Après l’arrestation de son époux par le pouvoir colonial belge, elle a pris la responsabilité de maintenir et de faire perdurer l’œuvre spirituelle, malgré un contexte marqué par la répression.

Sa détermination a permis de préserver la foi et d’assurer la continuité de la mission initiée par Simon Kimbangu.
Prenant la parole, le chef spirituel adjoint, José Kisolokele Diangienda, a rappelé la nécessité pour les fidèles de rester attachés aux enseignements divins.

Il a particulièrement exhorté les femmes kimbanguistes à adopter une conduite exemplaire, conforme aux valeurs chrétiennes. Il a également insisté sur l’importance de l’unité au sein de l’Église, en s’appuyant sur une prophétie de Joseph Diangienda Kuntima appelant à la cohésion :

« Que personne ne sépare mes enfants ni mes fidèles ».
Au-delà du souvenir, cette commémoration s’est imposée comme un moment de réflexion spirituelle, invitant les croyants à renforcer leur engagement dans un contexte sociétal en quête de repères.

À travers cet hommage, l’Église kimbanguiste réaffirme la portée durable de l’héritage de Maman Mwilu, symbole de foi, de résilience et d’espérance.
S’exprimant également lors de cette cérémonie, Laurette Mandala Kisolokele, épouse du Chef spirituel adjoint Joseph Kisolokele Diangenda, a salué la dimension exceptionnelle de cette figure historique.

Elle a ensuite souligné que Maman Mwilu dépasse le simple statut d’épouse du prophète pour incarner une pionnière de l’émancipation féminine et un symbole de la lutte africaine contre l’oppression coloniale.
Elle a rappelé qu’en dépit des épreuves, notamment son veuvage précoce, Maman Mwilu a su poursuivre la mission spirituelle de son mari, posant un acte fondateur en annonçant le début de l’Église de Jésus-Christ sur terre par son envoyé spécial.

Enfin, elle a mis en avant les valeurs incarnées par cette figure historique, prière, amour, pardon et travail, faisant d’elle un modèle intemporel, particulièrement inspirant pour les femmes appelées à marcher sur ses traces.

L. Mandala vanzi K.

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