Dans la cité frontalière de Kasindi, située en territoire de Beni, le phénomène d’exploitation sexuelle des filles mineures continue de susciter de vives inquiétudes. La prolifération des maisons de tolérance, localement appelées « quartiers généraux » (QG), alimente cette dérive dans une zone marquée par une forte circulation des populations.
D’après le service Genre, Famille et Enfant du groupement Basongora, plusieurs facteurs expliquent cette situation, notamment l’afflux de personnes déplacées par les conflits et l’absence d’opportunités économiques viables :
« Faute d’alternatives, de nombreuses jeunes filles se retrouvent piégées dans ces réseaux », déplore Mbakula Mbuyiro Soronita, responsable du service.
Face à cette crise, des initiatives communautaires tentent d’apporter une réponse. Des campagnes de sensibilisation ciblent à la fois les proxénètes et certaines jeunes filles concernées, dans l’objectif de limiter l’expansion de ces lieux d’exploitation.

Cependant, les acteurs locaux estiment que ces actions restent largement insuffisantes au regard de l’ampleur du phénomène. Ils plaident pour un engagement accru des autorités nationales et de leurs partenaires afin de renforcer les dispositifs de protection de l’enfance.
À Kasindi, point stratégique à la frontière avec l’Ouganda, la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineures s’impose désormais comme une priorité à la fois humanitaire et sécuritaire.
Fiston Muhindo
Correspondant/ Nord-Kivu
