Un record qui serait principalement dû à l’exploit technologique.
Cette tribune est un plaidoyer pour une profonde réforme au système éducatif congolais. D’ emblée , disons que C’est un vrai record que celui battu par l’inspection générale du ministère de l’EDU-NC qui a réussi l’exploit inédit de publier la liste des lauréats aux Exetats, dès le dimanche 03 août 2025, soit 48 heures seulement après que les finalistes aient présenté la dernière épreuve! Du jamais vu dans l’histoire des Exetats.
Une précipitation plutôt une rapidité qui a poussé de nombreux compatriotes à se questionner, certains allant jusqu’à soupçonner l’ autorité de tutelle de ce méga ministère d’avoir bâclé le travail en “fabriquant” les résultats en vue d’un positionnement politique. Sic!
Mais dans une interview diffusée sur les réseaux sociaux, Monsieur Hubert KIMBONZA SEFU, Inspecteur Général attribue plutôt cette prouesse à la suite du recours aux machines dotées des logiciels très performants dénommés ” Snote Manager”.
Fruits de la dernière technologie, ces appareils seraient capables de scanner des dizaines d’Items par minute, d’analyser automatiquement les données, de détecter les erreurs, de classer les réponses tout en vérifiant la cohérence.
Il y a eu également une certaine décentralisation des centres de correction ( Lubumbashi, Mbuji Mayi, etc), outre la rotation des équipes qui ont rentabilisé le temps en se relayant 24 heures sur 24 heures !
Dans la foulée, l’IG a révélé à la journaliste faire l’objet de beaucoup de menaces avec un chantage du genre: ” Yo nde oko bongisa mboka oyo, zela oko tika ebonga wana, oko kufa. Oko wumela te “ !( Ndlr C’est toi qui va arranger ce pays? Attends, tu laisseras ce fauteuil là, tu vas mourir, tu ne traîneras pas à ce poste là).
Des menaces indignes et injustifiées proférées à l’encontre d’un valeureux compatriote faisant loyalement son travail.
Espérons que les autorités compétentes vont anticiper les événements en prenant des mesures idoines qui s’imposent pour sécuriser ce compatriote ainsi que sa famille.
Quand la réussite rime avec euphorie et dérapageEt comme toujours, selon un scénario bien connu, à Kinshasa singulièrement, aussitôt que les résultats ont été rendus public dans la soirée du jeudi 07/08, ce sont des “bataillons” des jeunes filles et garçons vêtus en T-shirt, culottes ou pantalons, parfois, troués, flacons de poudre à la main, sifflets ou “vuvuzela” à la bouche, pourcentages obtenus griffonés en noir sur les joues qu’on a vus déferler dans les rues et grandes artères de la capitale se dirigeant partout et vers nulle part.
Marchant, courant, rigolant, criant s’embrassant, se congratulant: To zuiiiiiii…To Zuiiiii… ( Ndlr on a réussi). On a fait 100%.
La joie étant contagieuse, badauds, jeunes, adultes, politiciens opportunistes, chauffeurs, motards zélés, pousseurs de chariots, vendeuses, enfants de la rue, buveurs de boisson frelaté communément appelé ” lotoko ” , analphabètes, c’est pratiquement toutes les couches de la société qui ont été comme secouées par l’euphorie soudaine générée par la publication des résultats de ces examens qui demeurent les plus populaires de la RDC.
Quoi qu’on en dise et malgré le cruel démenti de la réalité sur le terrain avec un chômage aux proportions alarmantes, dans l’imaginaire collectif, le diplôme d’Etat reste cette clef, cette panacée, “porte bonheur” qui ouvrirait les “portes” de la vie. Avec ça, “Muana asilisi classe” (Ndlr l’enfant a fini les études).
Quel engouement, quelle effervescence et que de scènes parfois surréalistes que l’écrivain congolais CNL a contemplé non sans amusement!
C’est le cas de cette maman, aux allures d’une sourde, tout émue qui questionne avec beaucoup d’insistance un passant: les résultats sont vraiment sortis, ils sont vraiment là, tu es sûr? Quel est le sort de mon enfant ? Et cette Jeep 4×4 blanche qui file à vive allure en pleine cité verte avec des filles dangereusement accrochées sur les portières, criant à tue-tête tout en vaporisant au passage de la poudre sur leurs têtes.
Que de drames aussi comme ces trois filles à bord d’une moto roulant à vive allure et ayant fini sa folle course dans une rigole expédiant ses passagères dans l’au-delà où elles seraient allées poursuivre la fête… Et ce préfet à la chemise ensanglantée qui aurait été roué de coups par un élève ayant lamentablement échoué… Et cette école privée, prise d’assaut par des hordes d’élèves incontrôlés ayant fait NEANT et qui tenaient à vandaliser l’établissement n’eut été l’intervention musclée de la police…
Et oui, les ” NEANTS”, il y en a eu dans de nombreuses écoles y compris celles traînant une bonne réputation. Est-ce là, la preuve que la rigueur correctionnelle était bien au rendez-vous ?
Au matin du vendredi, 08/08/2025, ils étaient encore très visibles et très nombreux ces lauréats( tes) apparemment fatigués et affamés mais continuant à sillonner inlassablement dans les rues Kinoises au point de générer par cette errance, des embouteillages monstres.
Suffisant pour s’interroger sur le laxisme parental de certains géniteurs tolérant la divagation de leurs enfants.
Pour une nouvelle politique et philosophie éducatives en RDC.Tout en félicitant les heureux lauréats, leurs parents, les encadreurs pour tant de sacrifices consentis et surtout les autorités de l’Inspection Générale pour cette approche innovante et expresse; il est plus que temps au niveau du Gouvernement de la RDC de disponibiliser des moyens financiers conséquents, d’engager courageusement des réformes en vue de la modernisation de notre système éducatif pour l’adapter aux vrais besoins de notre pays et aux défis grandioses de notre temps.
En 2025, le monde a suffisamment évolué. Face aux fulgurantes avancées que nous impose la techno- science, dans un Univers hyper concurrentiel et en pleine mutation; les contenus des programmes éducatifs de la plupart des disciplines enseignées aux enfants congolais ( particulièrement au niveau du cycle secondaire) sont à la limite obsolètes, périmés.
” Je ne comprends pas l’opportunité de continuer à enseigner à mes élèves l’histoire du VENEZUELA, les révolutions RUSSE et FRANÇAISE”, se plaignait un jour Madame X, professeure chevronnée d’histoire dans un prestigieux lycée de Kinshasa.
Au fait, n’est-il pas aberrant et absurde que de continuer à apprendre à nos enfants que, c’est DIEGO CAO qui aurait prétendument découvert l’embouchure du fleuve Congo alors que cet explorateur portugais a plutôt été accueilli, nourri et logé par nos ancêtres qui l’ont aidé à découvrir le milieu ?
Pour une professionnalisation des humanités.
Bon nombre de ces nouveaux diplômés ayant fini le cycle secondaire à travers le pays, certains brillamment, à quelques exceptions près, ils ne sont que de théoriciens ( nes) ayant mémorisé quantité de définitions, de dates, de noms de personnes et des lieux, de formules pour résoudre certaines équations abstraites. Ils sont bons à tout et propres à rien. Ils sont dépourvus des capacités directement exploitables sur le terrain professionnel dans une entreprise moderne.
Résultat, une poignée d’heureux fils et filles des nantis s’envoleront probablement pour l’Occident ou l’Orient en vue d’y poursuivre leurs études.
Ceux venant des familles modestes iront dans les universités locales déjà bondées. D’autres vont grossir le rang des chômeurs en attendant un hypothétique emploi.
D’autres encore ne sauront pas exactement à quel Saint se vouer. Il y a risque que certains (nes) aillent grossir les assemblées sectaires, chantant, priant, gênant, veillant, rêvant avant d’y être, parfois, cruellement désillusionnés et d’opter pour la résignation avec comme refrain : ” Nzambe akosala kaka “( Dieu pourvoiera seulement).
En clair, sans nécessairement faire disparaître les humanités générales, dans le contexte de la RD Congo, il est plus qu’impérieux de changer de logiciel, d’inverser la tendance en créant massivement des écoles techniques, bien équipées à travers le territoire national avec des humanités professionnalisées.
Cela passe aussi par le recyclage des enseignants, devenus routiniers pour la plupart à une époque où, l’on parle beaucoup de la démarche qualité impliquant une formation continue et continuelle.
Au terme de leur cycle, les jeunes diplômés auront été formés selon une certaine planification et des objectifs professionnels très précis, concis et évalués non pas sur base des connaissances théoriques mais relativement à leurs performances pratiques sur le terrain.
Ils seront au final appelés à être plus pragmatiques, plus rodés dans tel ou tel autre domaine ( agriculture, élevage, pêcherie, pisciculture, construction, menuiserie, cordonnerie, mécanique, informatique, exploitations minière, hydraulique, forestière, artisanale, maintien de l’ordre public, environnement, etc, ).
Même au niveau de l’Université Congolaise ( jadis citée comme une référence en Afrique noire, elle traîne aujourd’hui la sulfureuse réputation d’être devenue, cette usine fabriquant des théoriciens généralistes, des futurs chômeurs, oisifs et quemandeurs d’emplois ).
Là également, sans nécessairement faire disparaître les facultés existantes, la RDC doit davantage s’atteler à former des ingénieurs de haut niveau dans divers domaines. Moins avec des disciplines basées sur des rhétoriques academiciennes et désuetes, c’est plutôt avec les pratiques de l’ingénierie moderne qu’on arrivera à développer un pays si immense, si riche en ressources et si convoité comme le nôtre.
Si certaines nations comme les USA, la Russie, l’Allemagne, le Japon, la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, l’Iran pour ne citer qu’elles, forment annuellement des milliers d’ingénieurs, cela n’est certainement pas un hasard.
Bien évidemment, faudrait-il encore que le pays soit en mesure d’employer utilement ces ingénieurs et de les motiver de manière conséquente avec un salaire décent.
Il est aujourd’hui acquis que, “pour le meilleur ou pour le pire, le 21 ème siècle sera sans doute dominé par les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle”.
Des praticiens de nombreux métiers d’aujourd’hui seront dans un proche avenir remplacés carrement par des robots intelligents de loin plus performants, moins coûteux et plus rentables économiquement.
Certaines professions anciennes sont vouées à une disparition programmée. D’autres métiers naissent avec comme socle : les nouvelles technologies.
En vérité, l’heure approche, si elle n’est déjà pas venue où, les humains seront enseignés, prêchés, sécurisés, conseillés, nourris, soignés, accusés, jugés, défendus, condamnés, transportés, informés, peut-être, détruits, par des robots 🤖 intelligents.
Face à de telles mutations existentielles bouleversant l’univers professionnel et nous donnant une certaine frayeur, le système éducatif congolais doit vite s’amender, se moderniser et bannir surtout l’inertie routinière qui le mine et le ronge.
A travers le monde, il est aisé d’observer que, les pays ayant tablé sur la modernisation et la performance de leurs systèmes éducatifs sont devenus des Puissances industrielles, des “technopoles d’intelligence”, des creusets du savoir.
Ils dominent et domineront, aujourd’hui tout comme demain, les autres nations attentistes avec des habitants réduits, de facto, au rang des simples consommateurs, des clients, de nouveaux “analphabètes” d’un monde digitalisé dont l’ensemble des activités professionnelles sont regentées par les nouvelles technologie et l’intelligence artificielle.
