La question des infrastructures routières revient au cœur du débat public en République démocratique du Congo. Dans sa 31ᵉ tribune, relayée par l’Agence congolaise de presse ACP, le vice-Premier ministre et Ministre du Budget, Adolphe Muzito Mfumumpa, a livré une analyse chiffrée et comparative sur la dynamique actuelle de construction des routes sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi.
Selon l’ancien chef du gouvernement, le rythme observé ces dernières années pourrait marquer un tournant majeur dans l’histoire des infrastructures du pays. À condition que la cadence actuelle soit maintenue. Adolphe Muzito estime que le chef de l’État serait en mesure de réaliser, sur une période d’environ dix ans, jusqu’à 6 000 kilomètres de routes modernes à travers le pays.
Dans sa tribune, le vice-Premier Ministre et Ministre du Budget établit une comparaison directe avec la période précédente. Il rappelle qu’au cours de deux décennies de gouvernance, le régime de Joseph Kabila avait permis la construction d’environ 3 000 kilomètres de routes. Pour Muzito, la différence réside essentiellement dans la vitesse d’exécution et la priorité accordée aujourd’hui aux infrastructures structurantes.
En d’autres termes, explique-t-il, si la dynamique actuelle se confirme, le pays pourrait en dix ans doubler le linéaire routier réalisé en vingt ans auparavant.
Cette projection s’inscrit dans un contexte où la réhabilitation et la construction des routes sont présentées comme un levier central du développement économique, de l’intégration nationale et de la réduction des disparités entre les provinces. Le gouvernement met en avant plusieurs chantiers majeurs, tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays, destinés à désenclaver les zones agricoles et à faciliter les échanges commerciaux.
Toutefois, cette ambition reste conditionnée à la mobilisation durable des ressources financières, à la stabilité sécuritaire et à la rigueur dans la gestion des projets. Pour de nombreux observateurs, la sortie de Muzito vise aussi à nourrir le débat public sur le bilan et les perspectives de la gouvernance actuelle, à l’approche des prochaines échéances politiques.
Une chose est sûre : les chiffres avancés relancent la discussion sur l’héritage infrastructurel des différents régimes et sur la capacité de l’État congolais à transformer les promesses en réalisations concrètes, au bénéfice direct de la population.
Lionel IPAKALA
