Le regroupement politique Ensemble pour la République est sorti de sa réserve le lundi 2 Février en publiant une déclaration au ton ferme sur ce qu’il qualifie ” la crise politique et institutionnelle” en République Démocratique du Congo.
Dans un contexte marqué par les initiatives de la CENCO et de l’ECC en faveur d’un Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble , la formation de l’opposition de Moïse KATUMBI affirme que seul un Dialogue National véritablement inclusif peut sauver le pays de l’impasse actuelle.
Pour cette plateforme politique, l’initiative conjointe des Églises Catholique et Protestante, lancée en janvier 2025, constitue aujourd’hui le seul cadre crédible pour une sortie de crise.

Elle estime qu’un Dialogue Politique digne de ce nom ne peut se tenir que sous une médiation « morale, neutre et respectée », à l’image de celle proposée par la CENCO et l’ECC, et non dans un cadre contrôlé par le pouvoir en place.
Dans sa déclaration, Ensemble pour la République met en garde contre ce qu’elle qualifie de « dialogue de façade ».
Selon le regroupement, une rencontre politique ne saurait être une formalité entre alliés du régime, mais un espace de vérité destiné à examiner sans complaisance les racines profondes de la crise sécuritaire, sociale, politique et morale qui secoue le pays. C’est dans ce sens que l’opposition rejette la proposition de dialogue formulée par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, qu’elle juge dépourvue de crédibilité et d’ouverture réelle.
Des conditions jugées incontournables
Le mouvement d’opposition pose par ailleurs des conditions strictes avant toute participation à un Dialogue. Il réclame notamment la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion, l’arrêt des poursuites judiciaires à caractère politique, la levée des restrictions sur la délivrance des passeports aux opposants et la fin de toute forme de répression contre les voix dissidentes.
Pour Ensemble pour la République, ces mesures constituent le minimum indispensable pour instaurer un climat de confiance.
Avertissement sur la Constitution
La déclaration s’attaque également aux, ce que cette Plateforme politique appelle, « incohérences » du chef de l’État. L’opposition dénonce le fait que le Chef de l’ État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo refuse un Dialogue Politique avec l’opposition à l’intérieur du pays tout en acceptant des discussions avec la rébellion AFC/M23 à l’étranger.
Elle s’inquiète surtout des discours au sein de la Majorité Parlementaire évoquant une éventuelle révision de la Constitution, alors que celle-ci limite clairement le Chef de l’État à deux mandats. Pour le regroupement, toute tentative de prolongation du pouvoir au-delà de 2028 serait inacceptable et compromettrait toute perspective de Dialogue crédible.
Appui aux médiations africaines
Enfin, Ensemble pour la République réaffirme son soutien aux efforts diplomatiques régionaux, saluant particulièrement l’implication du Président angolais Manuel Goncalves João Lourenço et le rôle de l’Union Africaine, sous la médiation du Président togolais Faure Gnassingbé, pour parvenir à une solution politique durable dans la région des Grands Lacs.

À travers cette prise de position, l’opposition entend peser de tout son poids dans le débat national et rappeler que la paix et la stabilité en RDC passent, selon elle, par un Dialogue véritable, des garanties démocratiques et le strict respect de la Constitution.
Lionel IPAKALA
