Dix mille taxis, cent mille motos et cinq cents bus électriques sont annoncés dans la capitale congolaise. Un projet ambitieux qui suscite autant d’espoirs que de questions.Kinshasa s’apprête à vivre une transformation majeure de son paysage urbain. Selon un communiqué du ministère provincial des Transports et de la Mobilité urbaine, 10 000 taxis électriques, 100 000 motos électriques et 500 bus électriques sont attendus dans la capitale de la République démocratique du Congo pour améliorer la mobilité des Kinoises et Kinois : « Il s’agit d’une participation de cinq cents (500) bus électriques, d’une première phase de dix mille (10 000) taxis et de cent mille (100 000) motos électriques pour assurer la mobilité des Kinois », précise le document officiel.Sans pourtant la charrue devant le bœuf, nous nous alignons derrière certains questions observées sur les réseaux sociaux au lendemain de cette annonce. Allant dans le sens que ce projet est une ambition verte face à une réalité urbaine complexe. Sur le papier, le projet séduit : réduction de la pollution, modernisation du transport urbain, création d’emplois et alignement sur les standards des grandes métropoles africaines et mondiales. Mais sur le terrain, la réalité kinoise interroge Déjà sur les réseaux sociaux : Comment faire cohabiter ces nouveaux engins électriques avec un circuit de transport traditionnel déjà saturé, dominé par des bus thermiques vieillissants, des taxis informels et des motos évoluant sur une voirie souvent vétuste et congestionnée ? Bien sûr une réhabilitation qui satisfait les kinois s’observent sur différents artères , mais un cortège non négligeable des questionnements sur la qualité des conduits qui risquent de causer un coup dur à ces grands chantiers. Les embouteillages chroniques, l’absence de couloirs réservés et l’état dégradé de nombreuses routes risquent de compliquer l’intégration harmonieuse de ces nouveaux moyens de locomotion. Le manque des parkings un autre défi qui semble être jeté aux calendes grecques . Le défi énergétique au cœur du projet
Autre interrogation majeure : l’électricité.
Dans une ville où les coupures de courant sont fréquentes, comment garantir la recharge régulière et fiable de centaines de bus et de milliers de taxis et motos électriques, alors que la Société nationale d’électricité (SNEL) peine déjà à satisfaire la demande actuelle des ménages et des entreprises ?
La question des bornes de recharge, de leur implantation, de leur sécurité et de leur alimentation reste pour l’instant sans réponses claires.
Projet structuré ou effet d’annonce ?
Au-delà de l’enthousiasme officiel, un doute persiste dans l’opinion : Ce projet serait il le fruit d’études techniques et économiques sérieuses, menées en amont, intégrant les réalités urbaines spécifiques et énergétiques de la ville Province de Kinshasa ?
Où serait il une initiative lancée sous le coup de l’émotion, avec pour objectif principal d’impressionner l’opinion publique et de projeter une image de modernité ?
Sans schéma directeur clair, sans communication détaillée sur le financement, le calendrier, la maintenance et l’impact réel sur la mobilité, le risque est grand de voir cette ambitieuse transition verte se heurter aux contraintes structurelles de la capitale.
Entre espoir et prudence
La mobilité électrique représente sans conteste une opportunité pour Kinshasa. Mais entre la vision politique et la faisabilité opérationnelle, le chemin reste long. Les prochains mois seront peut être déterminants pour savoir si cette annonce marquera un tournant historique dans le transport urbain kinoise… ou si elle rejoindra la longue liste des projets ambitieux restés au stade des promesses.
